Le célèbre opposant égyptien Ahmed Douma, figure de la révolution de 2011, a été condamné à un an de prison avec travaux forcés pour diffusion de fausses informations, a rapporté mercredi le journal d'État Akhbar al-Youm.
Il avait été arrêté en avril, après avoir publié un article sur les conditions de détention dans son pays.
Selon Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), l'article s'appuyait sur sa propre expérience en prison, où il a passé en tout une dizaine d'années, ce qui rend sa condamnation pour diffusion de fausses nouvelles «inconstitutionnelle» pour l'ONG.
De son côté, PEN America a qualifié sa condamnation de «scandaleuse».
«Son affaire s'inscrit dans le cadre de l'intensification de la répression visant les écrivains en Égypte, où des poèmes et des articles sont régulièrement utilisés comme pièces à conviction devant les tribunaux», estime Asma Laouira, membre de cette association qui défend la liberté d'expression.
Ahmed Douma est l'une des grandes figures du soulèvement populaire qui a conduit, en février 2011, à la chute du président Hosni Moubarak après plus de 30 ans au pouvoir.
Il a été emprisonné à plusieurs reprises, notamment au printemps 2013 sous la présidence de l'islamiste Mohamed Morsi - où il avait observé une grève de la faim avant d'être acquitté.
La même année, il avait été arrêté lors de la répression qui a accompagné le coup d'État du général Abdel Fattah al-Sissi, aujourd'hui président.
Sa peine initiale de 25 ans, pour sa participation à des manifestations et à des heurts avec les forces de l'ordre, avait été réduite à 15, avant qu'il ne bénéficie d'une grâce présidentielle en août 2023. Il est depuis interdit de voyager.
L'Égypte est régulièrement pointée du doigt par les ONG pour sa répression contre les opposants ou critiques du pouvoir.
En 2022, M. Sissi avait réactivé un comité de grâces présidentielles, permettant la libération de centaines de détenus politiques, dont le militant des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel Fattah.
Mais selon les organisations de défense des droits humains, plus de personnes ont été arrêtées que libérées depuis cette date.
L'Égypte est également régulièrement critiquée pour sa répression visant les créateurs de contenus en ligne, qui a conduit en prison des influenceuses, humoristes ou commentateurs.
AFP


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