Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu une réunion d’urgence consacrée à la situation au Liban, lundi soir. Les Nations unies ont mis en garde contre une détérioration préoccupante de la situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain.
Lors de la séance, la secrétaire générale adjointe de l'ONU, Martha Ama Akyaa Pobee, a estimé que la situation au Liban était «extrêmement préoccupante», soulignant l’avancée des forces israéliennes au nord de la Ligne bleue ainsi que l’extension des opérations militaires dans le sud du pays.
Elle a indiqué que les avertissements d’évacuation émis par Israël au sud du fleuve Zahrani avaient transformé de vastes zones du Liban-Sud en véritables zones de combat. Selon elle, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a observé une intensification des activités militaires et des opérations de destruction dans plusieurs villages situés à proximité de la Ligne bleue.
La responsable onusienne a également affirmé que le Hezbollah poursuivait ses tirs de roquettes et le lancement de drones contre Israël, tout en intensifiant ses attaques. Elle a estimé que l’escalade actuelle compromettait le cessez-le-feu annoncé le 16 avril et a jugé que la présence de forces israéliennes au nord de la Ligne bleue constituait une violation de la souveraineté libanaise ainsi que de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Elle a en outre averti que la poursuite des destructions d’habitations aggravait les besoins humanitaires et a appelé à donner une chance aux efforts diplomatiques. Selon elle, l’objectif doit rester l’instauration d’un cessez-le-feu durable respecté par toutes les parties, exhortant le Conseil de sécurité à contribuer à la création des conditions nécessaires à la fin des hostilités.
Soutien de Paris aux discussions directes en cours entre le Liban et Israël
Le représentant français a indiqué que Paris avait demandé la convocation de cette réunion d’urgence en raison de «l’importante escalade israélienne» observée au Liban.
Il a toutefois estimé que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, portait une responsabilité dans le déclenchement des hostilités, l’accusant d’avoir entraîné le Liban dans «une guerre qui n’est pas la sienne».
Dans le même temps, le diplomate français a affirmé que «rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban», qualifiant l’extension de la présence militaire israélienne sur le territoire libanais de «grave erreur stratégique».
Il a également évoqué le déploiement du drapeau israélien sur le château de Beaufort (Qalaat al-Chqif), estimant que cette image rappelait une période que beaucoup pensaient révolue. Selon lui, la sécurité durable d’Israël ne peut être obtenue ni par la guerre ni par l’occupation, mais par la paix avec ses voisins et la stabilité régionale.
Le représentant français a réaffirmé le soutien de Paris aux discussions directes en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Il a souligné que toute solution durable devait inclure le désarmement du Hezbollah ainsi que le rétablissement de la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire.
Washington appelle le Hezbollah à cesser les hostilités
De son côté, le représentant américain au Conseil de sécurité, Mike Waltz, a déclaré que le président américain Donald Trump accordait une attention particulière au dossier libanais et avait proposé une feuille de route destinée à mettre fin au conflit.
Il a accusé le Hezbollah de continuer à utiliser le Liban comme plateforme pour mener, selon ses termes, des attaques inspirées et soutenues par l’Iran contre Israël.
Le diplomate américain a appelé le Hezbollah à mettre fin à ses attaques contre Israël afin de réduire les tensions et d’ouvrir la voie à une cessation des hostilités. Il a affirmé que le Hezb ne se souciait ni de l’État libanais ni de l’avenir de sa population.
Mike Waltz a également accusé le Hezbollah d’utiliser des infrastructures civiles, notamment des habitations, des écoles et des hôpitaux, pour mener ses opérations militaires. Il a enfin déclaré que le mouvement avait éliminé des Libanais opposés à son influence, tout en affirmant agir pour la protection du pays.
Quant au représentant d’Israël à l’ONU, il a précisé : «Nous n’avons pas déclenché la guerre et nous ne nous excuserons pas de nous défendre. Nous avons choisi d’affronter le Hezbollah plutôt que d’attendre ses drones et ses missiles.»



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