Danemark: Frederiksen forme une coalition de centre-gauche après de laborieuses négociations
La Première ministre danoise Mette Frederiksen. ©Ludovic Marin / AFP

La Première ministre danoise sortante Mette Frederiksen a annoncé lundi avoir constitué une coalition gouvernementale de centre-gauche qu'elle dirigera, plus de deux mois après les élections législatives.

Pour Mette Frederiksen, il s'agira d'un troisième mandat à la tête du gouvernement danois, qu'elle dirige depuis 2019.

Son parti, les sociaux-démocrates, a pourtant enregistré lors des législatives du 24 mars son plus mauvais résultat depuis 1903. Il demeure néanmoins la première force politique du pays avec 38 sièges sur les 179 que compte le Parlement.

«J'ai annoncé qu'un gouvernement pouvait être formé, après de longues négociations», a-t-elle déclaré aux journalistes après un entretien avec le roi Frederik X.

Elle présentera son programme gouvernemental mardi puis son équipe ministérielle mercredi, avant une réception officielle au palais royal.

La coalition réunira les sociaux-démocrates, le Parti populaire socialiste (SF), les Radicaux (De Radikale) et les Modérés, selon un communiqué du palais royal.

Ces quatre partis disposent de 82 sièges sur 179, insuffisants pour obtenir une majorité absolue. Toutefois, selon plusieurs médias danois, l'Alliance rouge-verte pourrait apporter son soutien au gouvernement.

«Je pense que tout le monde sera surpris de voir à quel point nous sommes déterminés», a assuré Mme Frederiksen.

«C'est un programme gouvernemental qui est bon tant pour les personnes qui vivent au Danemark que pour les générations à venir, ainsi que pour les animaux», a-t-elle ajouté, alors que la question de l'élevage industriel porcin a occupé une place importante dans la campagne électorale.

«Mission incontournable» 

Après les élections, un premier cycle de négociations avait été conduit par Mette Frederiksen avant d'être confié, le 8 mai, au chef libéral Troels Lund Poulsen, qui n'était pas parvenu à former une coalition.

La dirigeante sociale-démocrate a ensuite repris les discussions, les plus longues de l'histoire politique récente du Danemark, pour parvenir à un accord.

Elle a notamment obtenu le soutien décisif des Modérés de l'ancien Premier ministre Lars Løkke Rasmussen, dont les 14 sièges se sont révélés déterminants.

Le contenu détaillé du programme est désormais attendu avec attention afin de comprendre comment un compromis a pu être trouvé entre des formations allant du centre-droit jusqu'à la gauche de l'Alliance rouge-verte.

Avec douze partis représentés au Parlement, le paysage politique danois demeure particulièrement fragmenté, même si le pays est habitué aux gouvernements minoritaires.

«Nous avons l'une des démocraties les plus solides au monde. Si nous, en tant que dirigeants politiques, ne parvenions pas à mener cette tâche à bien, je ne sais pas vraiment ce que les Danois pourraient attendre de nous. C'était donc une mission incontournable», a déclaré la Première ministre.

Les questions économiques, les retraites, la pollution et l'immigration ont largement dominé la campagne électorale et figurent probablement parmi les principaux sujets ayant nourri les négociations.

Au moment d'entamer ce troisième mandat, Mette Frederiksen reste la figure emblématique d'une social-démocratie favorable à une politique migratoire stricte afin, selon elle, de préserver l'État-providence.

Après un recul de popularité fin 2025, elle a retrouvé du soutien au début de l'année 2026 lors de la crise liée au Groenland.

En réaffirmant la souveraineté du royaume du Danemark, elle s'était opposée à Donald Trump, qui affichait son intérêt pour ce territoire autonome pour des raisons qu'il qualifiait de sécurité nationale.

Pour Elisabet Svane, analyste politique au quotidien Politiken, Mette Frederiksen est aujourd'hui «une figure qui rassemble dans un monde plein d'insécurité», marqué par les tensions autour du Groenland, la guerre en Ukraine et les survols de drones observés au Danemark.

AFP

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