Syrie: les autorités estiment morts six enfants symboles des disparitions forcées sous Assad
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La Commission syrienne pour les personnes disparues a déclaré samedi que les six enfants de la dentiste et championne d'échecs Rania al-Abbasi, dont le sort est devenu un symbole des disparitions forcées sous la Syrie d'Assad, étaient très probablement morts.

Un oncle, Hassan al-Abassi, a également affirmé que les enfants étaient décédés, dans une vidéo publiée sur son compte Facebook.

Mme Abbasi a disparu en mars 2013 avec son mari et leurs six enfants après un raid des forces gouvernementales de l'époque contre leur domicile à Damas, pour des accusations liées à l'opposition du couple aux autorités, selon des organisations de défense des droits humains.

Leur sort, resté inconnu pendant plus d'une décennie, est devenu un symbole de la tragédie des victimes de disparition forcée en Syrie, sous la férule de Bachar al-Assad, renversé en 2024.

«Nous sommes parvenus à des résultats fiables et concordants qui nous permettent de conclure, avec un haut degré de certitude professionnelle, que les enfants de Rania al-Abbasi sont décédés, a déclaré la Commission dans un communiqué. Les enfants avaient entre trois et 15 ans.

La Commission n'a pas évoqué le sort des parents, présumés morts par des défenseurs des droits humains et des médias.

Créé par les nouvelles autorités islamistes en mai 2025, cet organe a invoqué «de multiples procédures de vérification et d'analyse».

«Les efforts pour retrouver les dépouilles et déterminer leurs emplacements se poursuivent», a-t-elle ajouté.

Hassan al-Abassi a, lui, affirmé avoir pu visionner des vidéos attribuées au principal suspect d'un massacre perpétré en 2013 à Damas, au cours duquel des dizaines de personnes ont été exécutées.

Selon lui, une des vidéos montre des enfants, accusés de «terrorisme», dans une pièce sombre, que la famille a reconnus comme étant ceux du couple.

La Commission a estimé l'an dernier à plus de 300.000 les personnes disparues durant les décennies de règne du clan Assad, qu'il s'agisse de détenus, de personnes portées disparues lors des combats, aux postes de contrôle, pendant les déplacements et migrations, ou encore dans des zones contrôlées par différents groupes armés.

Des dizaines de milliers de personnes ont été détenues ou ont disparu pendant la seule guerre civile syrienne, qui a éclaté en 2011 après la violente répression de manifestations antigouvernementales. Aucun chiffre officiel n'a toutefois été avancé jusqu'à présent pour cette période, tandis que des milliers de familles ignorent encore le sort de leurs proches.

AFP

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