Comment résumer 250 ans d’histoire des États-Unis en seulement 30 objets? C’est le défi qu’a dû relever le Smithsonian, ensemble de musées américains, pour célébrer l’anniversaire de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776.
Parmi les objets choisis par l’institution financée par le gouvernement américain, on retrouve un petit bureau en acajou taché d’encre, une ampoule, une combinaison de vol en cuir et un maillot de baseball.
Ces pièces parmi d’autres seront exposées pendant deux mois à Washington à partir de mardi, à l’approche du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance.
«C’est une tâche colossale», raconte à l’AFP Abeer Saha, qui faisait partie de la poignée de commissaires chargés de choisir les objets parmi les 150 millions présents au Smithsonian, institution qui gère plus de 20 musées et galeries.
«Ce que nous avons essayé de faire, c’est trouver ces temps forts, ces moments, ces histoires qui illustrent la manière dont les Américains ont cherché à concrétiser les idéaux exprimés pour la première fois dans la Déclaration d’indépendance de Thomas Jefferson», l’un des Pères fondateurs des États-Unis et l’auteur principal du document, ajoute celui qui a passé plus de deux ans sur ce projet.
Dans le cadre de cet anniversaire, Donald Trump cherche à apposer sa marque sur de nombreux symboles des États-Unis.
Il pousserait par exemple pour imprimer un billet de 250 dollars à son effigie, une première pour une personne toujours en vie depuis plus de 150 ans, selon des médias américains.
Mais selon Abeer Saha, la sélection d’objets, pour la première fois exposés dans la même salle, a été décidée sans aucune intervention politique.
Un journaliste de l’AFP a constaté que la seule référence au président actuel dans la collection était un badge de campagne «Trump-Vance», placé aux côtés de ceux d’autres présidents récents issus du Parti démocrate comme républicain.
Liberté, innovation, pionniers
L’exposition intitulée «American Aspirations» («Aspirations américaines», en français, ndlr) se situe à l’intérieur du bâtiment historique du Smithsonian, près du National Mall dans la capitale américaine.
La visite commence par le petit bureau sur lequel Thomas Jefferson a rédigé la Déclaration d’indépendance. Il a été conçu spécialement pour le troisième président des États-Unis.
Lisa Kathleen Graddy, une commissaire spécialisée dans l’histoire de la politique américaine, affirme que Thomas Jefferson avait le sens de l’Histoire et avait apposé une note sur son bureau pour certifier qu’il s’agissait bien du bureau où avait été écrite la déclaration.
Tout près se trouve une grande affiche sur laquelle figure un texte rédigé par un célèbre abolitionniste américain de l’esclavage, Frederick Douglass. Elle avait été brandie lors d’un défilé en 1863 pendant la guerre de Sécession, appelant les personnes noires à se battre.
On retrouve également un texte dactylographié de Martin Luther King du célèbre discours de 1963 «I Have a Dream» et le maillot porté par Roberto Clemente, le premier joueur de baseball latino à être entré au panthéon de son sport.
La collection regorge également d’objets retraçant les avancées économiques et scientifiques des États-Unis. Parmi ces objets, on retrouve une pépite datant de la ruée vers l’or en Californie, ou encore une ampoule créée par Thomas Edison en 1879.
Sur le thème de la «quête de nouveaux horizons», on peut y découvrir une combinaison de vol en cuir de l’aviatrice Amelia Earhart, la première femme à avoir traversé l’Atlantique en avion. Elle a disparu en 1937 alors qu’elle tentait de faire le tour du monde en avion.
À ses côtés, se trouve une veste de vol bleu pâle de Sally Ride, devenue en 1983 la première femme américaine à aller dans l’espace.
«Elle a véritablement changé la façon dont les Américains et le monde entier pensaient qui pouvait aller dans l’espace», raconte Jennifer Levasseur, du musée national de l’Air et de l’Espace.
Par Matthew PENNINGTON / AFP



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