La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a mis en garde jeudi contre le «piège» russe consistant à débattre de la désignation d'un médiateur européen pour la guerre en Ukraine, au moment où l'UE doit démontrer son unité face à Moscou. «Je pense que c’est un piège dans lequel la Russie veut nous faire tomber: que nous discutions de qui leur parle», a-t-elle déclaré avant le début d'une réunion à Limassol (Chypre) des ministres des Affaires étrangères de l'UE.
«Ne tombons pas dans ce piège. Une négociation est toujours un travail d’équipe», a-t-elle souligné, ajoutant qu'il fallait d'abord une «stratégie».
Le président russe Vladimir Poutine, interrogé début mai sur qui pourrait être désigné médiateur côté européen dans la guerre en Ukraine, avait suggéré le nom de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, un allié de longue date de la Russie. L'important, selon Mme Kallas, est d'abord de savoir de quoi discuter avec la Russie avant de désigner qui devra le faire.
Avant de s'asseoir à la table de négociations, «il faut clairement savoir ce que nous faisons là», a-t-elle expliqué. Et, «il est de notre intérêt qu’il y ait une paix durable et soutenable sur le long terme».
Le ministre estonien des Affaires étrangères Margus Tsahkna a également mis en garde contre le «piège» tendu par le président russe Vladimir Poutine. «Son principal objectif est simplement de gagner du temps et de placer l’Europe dans ce rôle de médiateur», a-t-il expliqué.
Car «être médiateur, cela signifie être neutre, donc nous ne parlerons plus d’augmenter la pression sur la Russie à l’avenir», a-t-il ajouté. Or, ont souligné plusieurs ministres et Mme Kallas, Vladimir Poutine est sur la défensive et le moment est favorable pour le contraindre à négocier de bonne foi, en vue d'une paix juste et durable pour l'Ukraine.
«Ce n’est pas le moment de discuter de qui va mener les négociations, (...) nous devons discuter de ce que nous faisons pour exercer une pression supplémentaire sur la Russie», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie lituanienne, Kestutis Budrys.
AFP



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