Possible accord entre l'Iran et les États-Unis : ce que l'on sait
Des navires sont visibles au mouillage dans le détroit d’Ormuz, au large de la ville portuaire de Khasab, sur la péninsule de Musandam, dans le nord d’Oman, le 17 mai 2026. ©AFP

Après des semaines de menaces et de blocages, les États-Unis et l'Iran semblent proches d'un accord qui mettrait durablement fin à une guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale. Que sait-on précisément de ce possible arrangement ?

Le nucléaire remis à plus tard ?

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre dès samedi que la question nucléaire ne faisait pas partie «à ce stade» de l'accord en discussion et qu'elle serait abordée lors de «discussions séparées».

Mais le New York Times, citant deux responsables américains anonymes, affirme qu'un point central de cet accord sera un «engagement de Téhéran à renoncer à son stock d'uranium hautement enrichi».

La manière dont la République islamique renoncera à son stock sera toutefois abordée lors «d'un prochain cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien», ajoute le quotidien américain.

De leur côté, les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim affirment que les questions liées au nucléaire seraient négociées dans les 60 jours suivant la signature de l'accord espéré.

Et, selon Fars, «l'Iran ne s'est pas engagé dans cet accord à céder des stocks nucléaires, retirer des équipements, fermer des installations ou même à ne pas construire une bombe nucléaire».

Ormuz sera-t-il débloqué ?

La réouverture du détroit d'Ormuz, verrouillé de facto par l'Iran depuis le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février, est un point central des discussions. Ce quasi blocage a fait flamber les prix du pétrole et ébranle l'économie mondiale: avant la guerre, 20% des hydrocarbures consommés dans le monde transitaient par ce passage.

Avant les hostilités, les navires le franchissaient librement.

Donald Trump a évoqué samedi un compromis «largement négocié» qui prévoirait la réouverture du détroit. Mais des sources iraniennes au fait des négociations, citées par Fars, affirment que si l'accord prévoit un déblocage du détroit, ce dernier resterait sous contrôle de l'Iran.

«Le statut du détroit d'Ormuz ne reviendra pas à sa situation d'avant-guerre», souligne de son côté Tasnim.

Concernant le blocus américain des ports iraniens, cette agence croit savoir qu'il devrait «être entièrement levé dans un délai de 30 jours».

Quid des sanctions et des avoirs ?

Téhéran insiste régulièrement sur le dégel des avoirs iraniens à l'étranger, bloqués en raison des sanctions américaines.

L'Iran a ainsi souligné qu'il n'y aurait aucun accord à moins qu'une partie de ces avoirs ne soit libérée dès la première étape et qu'un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués, selon une «source informée» citée par Tasnim.

Selon elle, si aucun accord définitif n'a encore été trouvé, c'est notamment en raison des désaccords sur ce dossier.

L'agence Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

Et le Liban ?

Israël mène des frappes quotidiennes au Liban malgré un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, affirmant viser le mouvement pro-iranien Hezbollah.

L'Iran a déjà déclaré que tout cessez-le-feu devait s'appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban, et le Hezbollah a dit être convaincu que son allié ne l'abandonnerait pas.

Tasnim a rapporté qu'«un protocole d'accord (...) serait d'abord annoncé, insistant sur la fin des combats sur tous les fronts, y compris au Liban». «Dans le cadre de cet arrangement, on s'attendrait également à ce qu'Israël, en tant qu'allié des États-Unis, mette fin à la guerre au Liban», a-t-elle ajouté.

Les autorités libanaises ont toutefois souligné que les discussions en cours entre le Liban et Israël, menées sous l'égide des États-Unis, devaient rester indépendantes des négociations entre Téhéran et Washington.

AFP

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