La Chine lance une nouvelle mission spatiale au service de ses ambitions lunaires
Le vaisseau spatial habité Shenzhou-23 et la fusée Longue Marche-2F Y23 sont transportés vers la zone de lancement au centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi, dans le nord-ouest de la Chine, le 16 mai 2026. ©Photo CNS / AFP

Une mission spatiale chinoise devant décoller dimanche doit notamment permettre de recueillir des données sur les longs séjours en orbite, un pas supplémentaire vers l'objectif de Pékin d'envoyer des humains sur la Lune.

La station spatiale Tiangong, occupée par des équipes de trois astronautes généralement renouvelées tous les six mois, est le joyau du programme spatial chinois, objet d'investissements publics faramineux dans une tentative de rattraper les États-Unis et la Russie.

La mission Shenzhou-23 décollera à 23h08 locales dimanche (15h08 GMT) depuis le centre de lancement de satellites de Jiuquan, dans le nord-ouest de la Chine, et transportera trois astronautes vers la station spatiale, a déclaré samedi le porte-parole de l'Agence spatiale chinoise chargée des vols habités (CMSA), Zhang Jingbo.

C'est une «épreuve de notre endurance physique et psychologique, de nos capacités de réaction face aux situations d'urgence, de coordination et de travail d'équipe, ainsi que de notre aptitude à travailler et à vivre en orbite», a déclaré aux journalistes Zhu Yangzhu, commandant de la mission.

Les principaux objectifs seront de «poursuivre les travaux de recherche scientifique et d'applications spatiales, de mener des activités extravéhiculaires des astronautes et des transferts de fret à l'intérieur et à l'extérieur du module», a ajouté M. Zhang.

L'un des astronautes mènera une expérience de séjour en orbite d'un an, ce qui permettra de recueillir des données sur les astronautes lors de vols spatiaux de longue durée et de tester les capacités de soutien à leur santé, a-t-il précisé.

La Chine acquiert «progressivement» une expérience opérationnelle en vue d'une «occupation durable» de sa station spatiale Tiangong, et les missions d'un an constituent une étape importante vers de futures ambitions lunaires et potentiellement dans l'espace lointain, a estimé Richard de Grijs, de l'université australienne Macquarie.

«Une année en orbite place à la fois le matériel et les humains dans un régime opérationnel différent par rapport aux missions Shenzhou plus courtes des phases antérieures du programme», a déclaré à l'AFP ce professeur de physique et d'astronomie.

Le programme spatial chinois, le troisième à avoir envoyé des humains en orbite, a également posé des rovers sur Mars et sur la Lune.

La Chine a accéléré ses projets pour réaliser son «rêve spatial» sous la présidence de Xi Jinping.

Pékin affirme viser l'envoi d'une mission habitée sur la Lune d'ici 2030, avec pour objectif la construction d'une base à la surface lunaire.

La CMSA a déclaré samedi qu'elle ferait «tout son possible et s'efforcerait sans relâche» d'atteindre cet objectif.

AFP

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