Turquie: l'opposition appelle à manifester après la suspension de sa direction
Un bus officiel du Parti républicain du peuple (CHP) de Turquie bloque l'entrée principale du siège du parti avant une manifestation contre les allégations d'achat de votes lors du congrès du CHP en novembre 2023, à Ankara le 22 mai 2026. ©ADEM ALTAN/AFP

La direction du premier parti de l'opposition turque a convoqué des rassemblements vendredi soir à Ankara et Istanbul, au lendemain de sa suspension par la justice.

Un tribunal d'Ankara a invalidé en appel jeudi l'élection fin 2023 de l'actuelle direction du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), proche du maire emprisonné d'Istanbul Ekrem Imamoglu, arguant d'irrégularités.

La cour d'appel a confirmé le remplacement de l'actuel dirigeant du parti, Özgür Özel, par son ancien patron, Kemal Kiliçdaroglu, désormais qualifié de «traître» au sein de la formation politique.

M. Özel, féroce critique du président Recep Tayyip Erdogan, a appelé ses partisans à se rassembler vendredi soir devant le siège du parti à Ankara. «Ce n'est pas l'affaire du CHP. C'est l'affaire du peuple», a-t-il affirmé sur X en invitant «tous ceux qui aiment leur pays à résister et réécrire l'histoire».

Au moins deux autres rassemblements sont prévus à Istanbul.

La contestation risque cependant de faire long feu, alors que la Turquie entame vendredi soir une semaine de vacances octroyée par le gouvernement à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, la fête du sacrifice.

La décision jeudi du tribunal d'Ankara porte un nouveau coup à la plus vieille formation politique du pays, héritée du fondateur de la république, Mustafa Kemal Atatürk, qui croule sous les procédures judiciaires depuis sa large victoire aux élections locales de 2024.

Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, sa figure la plus populaire, a été arrêté et placé en détention l'an passé, le jour même de sa désignation comme candidat à la prochaine présidentielle, prévue en 2028.

Selon la presse d'opposition, dont le quotidien BirGün, Kemal Kiliçdaroglu, qui doit reprendre les rênes du CHP, a déjà procédé au licenciement des trois avocats ayant déposé des recours contre la décision du tribunal d'Ankara.

Pour les analystes, le pouvoir turc cherche à affaiblir au maximum le CHP avant la prochaine présidentielle, qui sera probablement anticipée pour permettre au chef de l'État, aux commandes de la Turquie depuis 2003, de se représenter, ce que la Constitution lui interdit s'il allait au terme de son actuel mandat.

AFP

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