- Accueil
- Le chiffre de la semaine
- Le carburant qui finance l’État?
©Ici Beyrouth
Avec près de 35 millions de dollars de recettes par mois, le droit d’accise sur l’essence figure désormais parmi les principales sources de revenus du Trésor libanais. Fixé à 300 000 livres libanaises par bidon de 20 litres, ce prélèvement a été instauré pour financer la revalorisation des salaires des fonctionnaires et des retraités, équivalente à six salaires de base calculés sur leur niveau de 2019.
Cette mesure devait toutefois s’inscrire dans un ensemble plus large de réformes fiscales comprenant notamment une hausse de la TVA de 11 % à 12 % et une augmentation des droits de douane de 50 dollars pour les conteneurs de 20 pieds et de 80 dollars pour ceux de 40 pieds.
Dans les cercles du ministère des Finances et du Sérail, on évoque aujourd’hui une « gestion de la rareté », imposée par le ralentissement de l’activité économique, la faiblesse des recettes publiques et les conséquences économiques du conflit déclenché sur le front sud.

Un déficit qui demeure préoccupant
Les contraintes budgétaires restent importantes. La masse salariale de la fonction publique atteint environ 240 millions de dollars par mois, tandis que la revalorisation accordée aux agents de l’État représente, à elle seule, un coût supplémentaire estimé à 60 millions de dollars par mois.
Malgré les revenus générés par l’accise sur l’essence, les recettes publiques ont reculé d’environ 40 % en mars et en avril 2026. Alors que les prévisions tablaient sur quelque 700 millions de dollars de rentrées, les encaissements effectifs n’ont pas dépassé 400 millions de dollars, ce qui fait apparaître un manque à gagner de près de 300 millions de dollars.
Le droit d’accise constitue ainsi une ressource précieuse pour les finances publiques, sans pour autant suffire à résorber les déséquilibres budgétaires auxquels l’État demeure confronté.
Lire aussi





Commentaires