Chine: coup de frein sur la production industrielle et les ventes au détail
La Chine a publié lundi ses chiffres de production industrielle et de ventes au détail les moins favorables depuis plus de deux ans et demi, sous l'effet de la crise au Moyen-Orient et de facteurs intérieurs. ©CN-STR / AFP

La Chine a publié lundi ses chiffres de production industrielle et de ventes au détail les moins favorables depuis plus de deux ans et demi, sous l'effet de la crise au Moyen-Orient et de facteurs intérieurs.

La croissance des ventes au détail en Chine, principal indicateur de la consommation, a fortement ralenti en avril sur un an avec une hausse de 0,2% très en deçà des prévisions, a indiqué le Bureau national des statistiques.

Il s'agit de la progression la plus lente depuis décembre 2022, il y a plus de trois ans.

Un panel d'experts consultés par l'agence Bloomberg tablait sur une augmentation de 2%. Les ventes au détail avaient augmenté de 1,7% sur un an en mars.

La production industrielle a quant à elle augmenté de 4,1% sur la même période. C'est l'augmentation la plus faible depuis juillet 2023.

C'est là aussi en dessous des chiffres de mars (+5,7%) et des prévisions des économistes interrogés par Bloomberg (+6%).

Apathie de la demande intérieure 

Les experts ont imputé ce ralentissement à la guerre en Iran et à la baisse des subventions à l'achat de biens de consommation.

«La solide performance des exportateurs a contribué à atténuer la faiblesse de la demande intérieure, sans suffire à la compenser intégralement», analyse dans une note Zhiwei Zhang, président de la société de conseil Pinpoint Asset Management.

Les chiffres de la production industrielle reflètent l'apathie de la demande intérieure, abonde le cabinet Capital Economics.

Les ventes industrielles destinées à l'exportation ont atteint un sommet en 46 mois, et la production de biens électroniques, sous l'effet de la demande liée à l'intelligence artificielle, a progressé à un rythme rarement observé au cours des deux dernières décennies, dit-il dans une note.

Mais «les retombées du conflit en Iran ont pesé sur l'activité de raffinage et la production pétrochimique, tandis que l'aggravation du ralentissement dans le secteur de la construction a tiré vers le bas la production de ciment, d'acier et de verre», dit-il.

Avec la baisse des subventions, les ménages ont plutôt dépensé leur argent dans les services, dit-il.

Capital Economics parle de nouvelles «décevantes», mais n'y discerne pas «une raison de s'alarmer pour le moment». Il tire argument de la vigueur de la demande extérieure et du dynamisme de l'électronique pour avancer que, «après avoir repris au premier trimestre, la croissance devrait rester résiliente tout au long de l'année».

Pékin vise une croissance économique annuelle de 4,5% à 5% cette année — l'objectif le plus bas depuis des décennies.

Maintien d'un commerce international vigoureux 

La croissance a dépassé les attentes au premier trimestre en atteignant +5% sur un an, selon des chiffres officiels.

Au-delà des crises internationales récentes, l'atonie de la consommation intérieure et la dépendance aux échanges sont deux des facteurs d'incertitude de long terme avec la persistance de la crise de l'immobilier, l'endettement des collectivités locales, les surcapacités de production, les pressions déflationnistes et le fort chômage des jeunes.

Dans le sillage d'un excédent commercial record en 2025, la Chine a continué à afficher un commerce international vigoureux en avril malgré la guerre au Moyen-Orient, renouant même avec la croissance de ses exportations vers les États-Unis, selon des données officielles.

Les exportations ont augmenté de 14,1% sur un an le mois dernier, et les importations ont bondi de 25,3% sur la même période, selon ces chiffres.

Le gouvernement voudrait cependant effectuer la transition d'une croissance tirée par les exportations et l'industrie manufacturière vers un modèle reposant davantage sur la consommation intérieure.

Les autorités suivent avec la plus grande attention les récentes crises internationales. Les dernières données économiques montrent que l'impact commence à s'en faire sentir, même si la Chine amortit le choc.

AFP

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