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- L'immobilier libanais en chute libre
©Ici Beyrouth
Le marché immobilier libanais a entamé l’année 2026 sur une note nettement morose. Fragilisé par la montée des tensions géopolitiques, le ralentissement économique et l’érosion de la confiance des investisseurs, le secteur enregistre un net recul de la demande, tant en volume qu’en valeur.
Le chiffre le plus révélateur de cette dégradation demeure la chute de 29,3 % du nombre de ventes immobilières au premier trimestre 2026. Le volume des transactions est tombé à 11 949 opérations, contre 16 900 durant la même période de l’année précédente, illustrant un net ralentissement de l’activité du marché.
Certaines régions continuent toutefois de concentrer l’essentiel des ventes. Baabda arrive en tête avec 20,9 % des transactions enregistrées, suivie du Metn (14 %), de Kesrouan (13,5 %), de la Békaa (11,7 %) et de Tripoli (11 %).
La baisse ne se limite pas au nombre de transactions. La valeur totale des ventes immobilières a également reculé de 18,2 % sur un an, passant de 1,53 milliard de dollars au premier trimestre 2025 à 1,25 milliard de dollars au cours des trois premiers mois de 2026.
Les investisseurs étrangers désertent le marché
Le repli apparaît encore plus marqué du côté des investisseurs étrangers. Le nombre de transactions réalisées par des non-Libanais a chuté de 43,8 %, avec seulement 185 opérations recensées contre 329 un an auparavant.
Baabda et le Metn concentrent chacun 18,4 % de ces acquisitions étrangères, suivis du Sud (14,6 %), de Kesrouan (14,1 %) et de la Békaa (11,4 %). Beyrouth et Tripoli représentent respectivement 9,7 % et 10,3 % de ces opérations.
Cette contraction traduit un affaiblissement de la demande extérieure dans un contexte régional instable, marqué par les tensions sécuritaires persistantes et les incertitudes entourant la situation géopolitique du pays.
Une demande orientée vers des biens plus abordables
Le ralentissement économique et la baisse du pouvoir d’achat poussent progressivement les acheteurs vers des biens immobiliers de moindre valeur. Le marché semble désormais davantage orienté vers des offres plus accessibles, alors que les ménages adoptent un comportement plus prudent face à la détérioration de la conjoncture.
Cette tendance intervient également dans un contexte de ralentissement de l’activité du secteur privé et de recul des flux touristiques, deux facteurs qui pèsent sur la liquidité du marché et limitent l’appétit pour l’investissement.
Les permis de construire résistent partiellement
Du côté de l’offre, les indicateurs de construction présentent une évolution contrastée. En mars 2026, les permis de construire délivrés ont diminué de 8,5 % par an, pour une surface totale de 293 381 m².
Mais sur l’ensemble du premier trimestre, la superficie cumulée des permis accordés progresse de 25,5 %, atteignant 1,53 million de m² contre 1,22 million un an plus tôt.
Le Mont-Liban concentre plus de la moitié des surfaces autorisées (52,8 %), loin devant le Sud (19,4 %). Beyrouth et la Békaa représentent respectivement 10,1 % et 9,5 %, tandis que Nabatiyé et le Liban-Nord affichent des parts plus modestes.
Les projets résidentiels dominent largement les permis délivrés, avec 46,1 % du total, devant les maisons individuelles (42,2 %). Les bâtiments commerciaux et de bureaux ne représentent que 5,4 % des projets autorisés.
Des perspectives toujours fragiles
À court terme, les perspectives du secteur immobilier restent orientées à la baisse. Alors que certains scénarios tablaient auparavant sur une reprise progressive de la consommation grâce au ralentissement de l’inflation et à une relative stabilisation du marché du travail, les développements sécuritaires récents ont ravivé les inquiétudes.
L’intensification des tensions géopolitiques et les interrogations autour de la pérennité du cessez-le-feu continuent d’affecter la confiance des investisseurs et de retarder les décisions d’achat.
Dans ce contexte, le marché immobilier libanais devrait rester sous pression dans les prochains mois, toute reprise durable demeurant étroitement liée à une amélioration de la situation sécuritaire et au retour de la confiance économique.



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