Trump écarte les inquiétudes autour de Taïwan avant son voyage en Chine
Le président américain Donald Trump (à gauche) s’entretient avec le président chinois Xi Jinping alors qu’ils se serrent la main après leurs discussions à la base aérienne de Gimhae, située à côté de l’aéroport international de Gimhae à Busan, le 30 octobre 2025. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Donald Trump a déclaré lundi qu'il évoquerait avec son homologue Xi Jinping pendant son déplacement en Chine cette semaine la question de la vente d'armes américaines à Taïwan, tout en écartant les inquiétudes autour d'une éventuelle invasion de l'île par Pékin.

Interrogé sur la poursuite de ces livraisons d'armes, le président américain a déclaré depuis la Maison Blanche qu'il allait «avoir cette discussion avec le président Xi».

«Le président Xi voudrait qu'on ne (le) fasse pas», a-t-il ajouté avant sa visite en Chine de mercredi à vendredi.

La politique américaine à l'égard de Taïwan, que la Chine considère comme une de ses provinces, repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance.

Depuis 1982, l'un des grands principes de cette stratégie américaine est notamment de ne pas «consulter» Pékin sur les ventes d'armes à Taïwan.

Donald Trump a minimisé le risque d'une invasion de l'île par la Chine. Xi Jinping «sait que je ne veux pas que cela arrive», a-t-il estimé, en vantant sa «très bonne relation» avec le président chinois.

La diplomatie taïwanaise a indiqué mardi son souhait de «renforcer la coopération» avec les États-Unis.

«Nous allons également continuer à renforcer la coopération avec la partie américaine et à développer des capacités de dissuasion efficaces afin de maintenir conjointement la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan», a déclaré le porte-parole du ministère taïwanais des Affaires étrangères, Hsiao Kuang-wei.

La visite de Donald Trump en Chine sera la première d'un président américain depuis celle qu'il avait lui-même effectuée en 2017.

Initialement prévu fin mars, le milliardaire républicain avait invoqué la guerre avec l'Iran pour ajourner le déplacement.

Patrons américains 

Les relations commerciales bilatérales devraient dominer les entretiens, après une année de confrontation menée à coups de droits de douane et de restrictions multiples aux échanges.

Les deux présidents pourraient notamment étendre les termes d'une trêve conclue en octobre.

Des patrons de grands groupes américains, dont Elon Musk (Tesla, SpaceX), Tim Cook (Apple) et Kelly Ortberg (Boeing), accompagneront Donald Trump, selon un responsable de la Maison Blanche.

Avant le sommet Xi-Trump, des négociateurs commerciaux des deux pays, conduits par le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et le ministre américain des Finances Scott Bessent, doivent se rencontrer à Séoul.

Au-delà du commerce, la crise au Moyen-Orient, avec ses retombées globales et son contrecoup pour la Chine, devrait occuper les discussions.

«La Chine entend travailler avec les États-Unis sur un pied d'égalité (…) afin de développer la coopération, de gérer les différends et d'apporter plus de stabilité et de certitude dans un monde instable et interdépendant», a déclaré lundi un porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun.

Le géant asiatique est directement touché par le bras de fer américano-iranien et la quasi fermeture du détroit d'Ormuz.

La Chine est un partenaire économique et politique primordial de l'Iran, de loin la principale importatrice de son pétrole.

Plus de la moitié des importations de brut transporté par voie maritime vers la Chine provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon la société d'analyse Kpler.

Nouvelles sanctions 

Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en relative position de force face à un Donald Trump empêtré dans le conflit au Moyen-Orient et soumis à la pression grandissante des élections américaines de mi-mandat en novembre.

Ils relèvent que la Chine retire de la crise un certain nombre de bienfaits dans sa rivalité avec les États-Unis, dont celui de se présenter au reste du monde comme un partenaire fiable, respectueux du droit international et, suivant une expression en vogue dans le discours officiel, «du bon côté de l'Histoire».

Mais elle n'a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe dure, nuancent-ils.

La Chine devrait chercher durant le sommet des acquis concrets, même minimes, par exemple sur les droits de douane, selon les analystes.

Pékin a mesuré ses critiques contre les États-Unis et son soutien à l'Iran depuis le début de la guerre fin février.

Washington a sanctionné vendredi trois entreprises basées en Chine et coupables selon lui d'avoir fourni des images satellite employées par l'Iran dans ses hostilités contre les États-Unis.

La Chine est contre les «sanctions unilatérales illégales», a réagi Guo Jiakun. «Le plus urgent, c'est d'éviter que le conflit ne reprenne, pas de l'instrumentaliser pour calomnier d'autres pays», a-t-il affirmé.

Le Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions lundi, cette fois contre douze personnes et entités liées à Téhéran auxquelles il reproche de «faciliter» la vente de pétrole iranien à la Chine.

AFP

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