Hantavirus: quel protocole sanitaire pour les personnes infectées et les cas contacts?
Cette photo distribuée par le ministère de la Santé argentin montre une scientifique de l’Institut Malbrán manipulant des récipients utilisés pour diagnostiquer le hantavirus des Andes, contenant de l’ARN du virus Andes dans le cadre du processus de détection, à Buenos Aires le 6 mai 2026. ©HANDOUT / ARGENTINE HEALTH MINISTRY / AFP

Après un premier cas d'hantavirus détecté en France parmi les cinq croisiéristes rapatriés, la France a annoncé prendre des mesures «très strictes» pour «casser les chaînes de transmission». Voici ce qu'on sait du protocole sanitaire mis en place.

Cinq croisiéristes hospitalisés «jusqu'à nouvel ordre» 

Les cinq Français ayant séjourné à bord du MV Hondius et rapatriés dimanche par avion sont considérés comme «à haut risque».

L'une d'entre eux a présenté des symptômes dans l'avion, son état «s'est dégradé dans la nuit», et elle a été testée positive à l'hantavirus, devenant le premier cas Français confirmé, selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Les quatre autres croisiéristes vont bien et ont pour l'instant été «testés négatifs», mais d'autres tests seront réalisés, a-t-elle dit.

Ils sont tous hospitalisés à l'hôpital Bichat à Paris, et strictement isolés, «dans des chambres qui sont faites exprès, avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination», et des professionnels soignants «formés à prendre en charge des malades contagieux», a précisé Mme Rist.

Ces personnes resteront à l'hôpital «jusqu'à nouvel ordre», pour a minima 15 jours, a-t-elle dit.

Un décret, publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel, permet de les contraindre à rester «en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d'une évaluation médicale et épidémiologique» puis à l'issue, pour une période maximale «de 42 jours», soit six semaines, ce qui correspond à la durée d'incubation du virus.

En France, 22 cas contact identifiés 

À ce stade, 22 Français ont été identifiés comme des «cas contact». Il s'agit de personnes qui ont croisé, à bord de deux avions, la croisiériste néerlandaise infectée par le virus sur le MV Hondius et depuis décédée à Johannesburg (Afrique du Sud).

Huit ont voyagé sur le vol n° 4Z132 du 25 avril qui reliait l'île de Sainte-Hélène à Johannesburg, dans lequel la croisiériste néerlandaise décédée a voyagé. Et quatorze autres sur le vol n° KL592 du 25 avril qui reliait Johannesburg à Amsterdam (Pays-Bas), dans lequel elle est brièvement montée puis dont elle a été débarquée avant le décollage en raison de son état de santé.

Les personnes ayant voyagé sur ces deux vols doivent se signaler «sans délai» aux autorités sanitaires, et sont contraintes d'observer «une mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection», réalisée «dans les trois jours» suivant leur signalement, prévoit le décret du gouvernement.

Les huit Français qui ont voyagé sur le vol Sainte-Hélène-Johannesburg «ont été mis à l'isolement rapidement», a assuré lundi Stéphanie Rist, sans préciser si cet isolement était réalisé à domicile, en milieu hospitalier ou avec d'autres modalités.

Les quatorze autres «ont reçu l'information» et les autorités françaises leur demandent de se rapprocher pour pouvoir «renforcer» leur isolement, a dit la ministre, sans plus de précisions.

Et s'il y avait d'autres cas contact? 

Un article du décret prévoit des mesures pour toutes les personnes «ayant été en contact avec un passager du navire MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée ou présentant un risque sérieux d'infection».

Ces cas contact peuvent «faire l'objet de mesures de quarantaine ou d'isolement lorsqu'il apparaît qu'elles présentent un risque sérieux d'infection», indique le décret.

Le risque d'infection sera apprécié en fonction des «conditions dans lesquelles ces contacts ont eu lieu et, le cas échéant, des équipements de protection individuelle» que portaient les personnes concernées, comme des masques par exemple.

Les mesures de mise en quarantaine ou de placement à l'isolement «ne peuvent excéder une durée de 42 jours», précise le décret. Le contrôle des mesures de quarantaine ou d'isolement «est, le cas échéant, assuré par le préfet du département dans lequel elles sont exécutées», précise le texte.

En cas de non-respect de ces précautions, la loi prévoit une amende, et en cas de verbalisation à plus de trois reprises dans un délai de 30 jours, jusqu'à six mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende.

Par Elia VAISSIÈRE, AFP

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