Le ministère de l’Intérieur du Bahreïn a annoncé samedi le démantèlement d’une organisation accusée de liens avec les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, et l’arrestation de 41 de ses membres présumés.
«Conformément aux enquêtes précédentes menées par le parquet dans des affaires d’espionnage au profit d’entités étrangères et de sympathie pour l’agression iranienne, les services de sécurité ont démantelé une organisation liée aux Gardiens de la Révolution», a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, recensant 41 arrestations.
Les autorités ont «procédé à des arrestations visant certaines des figures chiites les plus importantes du pays», avait alerté plus tôt sur X Sayed Ahmed Alwadaei, de l’ONG bahreïnie basée à Londres Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD).
Il s’agit d’une opération «sans précédent qui ne s’était pas produite à une telle échelle, même au plus fort de la répression en 2011», a affirmé le militant des droits humains.
En 2011, dans le cadre du Printemps arabe, Bahreïn avait été secoué par un vaste mouvement de contestation. La famille régnante avait accusé Téhéran d’avoir formé et soutenu les manifestants dans le but de la renverser, ce que la République islamique avait nié.
Depuis le 28 février, Bahreïn a été visé par des centaines de missiles et de drones tirés par l’Iran, son grand voisin chiite, en représailles à l’offensive américano-israélienne lancée contre Téhéran. Le pays accueille le siège de la Cinquième flotte de la marine américaine.
Le conflit a ravivé les tensions dans ce petit royaume du Golfe, dirigé par une dynastie sunnite alors qu’une large partie de la population est chiite et dénonce de longue date une marginalisation.
Des dizaines de personnes y ont été arrêtées pour avoir exprimé leur soutien à Téhéran, selon Human Rights Watch. Certaines ont été condamnées pour trahison, tandis que 69 personnes ont été déchues de leur nationalité.
Jeudi, trois députés à Bahreïn ont été privés de leur siège pour avoir contesté un décret royal sur les affaires liées à la nationalité.
AFP


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