Sommet Xi-Trump: quels sujets au menu?
Le président américain Donald Trump (à gauche) s’entretient avec le président chinois Xi Jinping alors qu’ils se serrent la main après leurs discussions à la base aérienne de Gimhae, située à côté de l’aéroport international de Gimhae à Busan, le 30 octobre 2025. ©ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Le sommet entre les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping la semaine prochaine à Pékin doit permettre de ramener de la stabilité dans la relation entre les deux premières puissances mondiales.

Si la trêve commerciale semble tenir entre Pékin et Washington, l’échange ne sera pas un long fleuve tranquille tant les sujets de friction sont nombreux.

Discussions commerciales

Le commerce sera parmi les priorités de la délégation américaine, avec comme objectif de ramener des contrats profitant tant à l’aéronautique qu’à l’énergie ou l’agriculture, selon Christopher Padilla, analyste du cabinet Brunswick.

«Ce sera un objectif important pour les Américains, l’autre sera la mise en place du +Comité au commerce+» évoqué entre les deux pays, ajoute-t-il.

Dévoilé par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer, ce comité pourrait faciliter les achats entre les deux pays «dans des secteurs non sensibles», tels que l’électronique grand public par exemple, juge Christopher Padilla.

Les entreprises américaines craignent que les sujets plus complexes, comme l’accès au marché chinois, soient mis de côté: «aucun patron d’entreprise n’a reçu d’invitation» pour ce voyage regrette le président du US-China Business Council, Sean Stein, même si certains pourraient finalement s’y joindre.

La Chine a enregistré l’an dernier un excédent commercial record, mais ses exportations vers les États-Unis ont baissé de 20%, et ses importations de 14,6%.

Droits de douane

Les surtaxes douanières devraient être la priorité de Pékin pour Christopher Padilla, avec pour objectif une prolongation de la trêve en cours, après les fortes tensions entre les deux pays il y a tout juste un an.

MM. Trump et Xi ont suspendu leurs hausses de droits de douane réciproques lors d’une entrevue en octobre dernier en Corée du Sud.

Mais Washington maintient des droits de douane en lien à des pratiques déloyales attribuées aux entreprises chinoises et pour le rôle supposé de Pékin dans la crise du fentanyl, une drogue qui touche les États-Unis.

Mais en février dernier, la Cour suprême a mis à bas les droits de douane généralisés, dont une partie de ceux visant les produits chinois, ne maintenant que ceux s’appliquant à certains secteurs de l’économie.

Le gouvernement américain a donc lancé une série d’enquêtes qui doivent amener à l’introduction de nouveaux droits de douane, ciblant notamment la Chine.

Pression sur l’Iran

La guerre au Moyen-Orient sera en toile de fond de la visite de Donald Trump, retardée une fois à cause du conflit.

Mais «le président ne veut pas placer les Iraniens dans la situation où ils peuvent décider ou non s’il peut voyager», estime Joerg Wuttke, chercheur au DGA-Albright Stonebridge Group.

Donald Trump «souhaiterait que la Chine pousse l’Iran vers un accord», ajoute Christopher Padilla.

Avec ses énormes stocks pétroliers, Pékin est moins sensible que nombre de pays asiatiques à la fermeture du détroit d’Ormuz, mais son économie subit le contrecoup du conflit.

Terres rares

Les terres rares, et la large domination de la Chine dans le secteur, planeront sur les échanges.

Pour Joerg Wuttke, Washington a tout intérêt à inciter la Chine à maintenir ses exportations de terres rares, alors qu’il en a particulièrement besoin pour le développement et la reconstitution de stocks d’armes.

La Chine contrôle environ 90% de la chaîne de production des terres rares dans le monde, des matières premières utilisées pour des produits aussi variés que l’électronique grand public ou les équipements de défense.

Taïwan

Le président chinois souhaite voir évoluer la politique américaine vis-à-vis de Taïwan, que Pékin revendique. Et la diplomatie transactionnelle de Donald Trump pose question quant à sa volonté de défendre l’île en cas d’attaque de la Chine.

Il a ainsi suscité quelques inquiétudes en suggérant que Taipei devrait payer les États-Unis pour assurer sa protection.

Mais Pékin devrait «négocier subtilement» afin d’éviter de provoquer Donald Trump en tentant de lui imposer quelque chose, estime M. Wuttke : les Chinois «feront attention à ne pas surestimer leurs chances».

Par Beiyi SEOW / AFP

 

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