Le Hezbollah a appelé lundi les autorités à déclarer persona non grata l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, qui a dénoncé une campagne contre le patriarche maronite Béchara Raï menée par des partisans de la formation pro-iranienne.
La chaîne libanaise LBCI a diffusé la semaine dernière une vidéo animée générée par l'IA, parodiant la guerre entre Israël et le Hezbollah, dont le chef, Naïm Kassem, et les combattants sont caricaturés en personnages du célèbre jeu vidéo Angry birds.
Cette vidéo a suscité l'indignation du Hezbollah, dont des partisans ont ensuite diffusé sur les réseaux sociaux des images moquant le patriarche maronite.
Venu lundi exprimer son «soutien» au dignitaire au siège patriarcal, M. Issa a estimé que «le Liban, pays de coexistence, ne convenait peut-être pas» aux auteurs de cette campagne. «Qu'ils aillent donc trouver un autre pays où vivre», a lancé le diplomate.
Le Hezbollah a été prompt à réagir, par la voix de l'un de ses députés, Ali Ammar.
Il a fustigé «l’ingérence flagrante» de l’ambassadeur «dans les affaires libanaises et son appel à pousser les Libanais à quitter leur pays».
«La moindre mesure à prendre est de déclarer (l'ambassadeur) persona non grata», a ajouté le député.
Plusieurs responsables, dont le président Joseph Aoun, ont condamné les attaques visant les chefs des communautés religieuses, et la chaîne LBCI a annoncé dans la nuit de samedi le retrait de la séquence vidéo qu’elle avait diffusée, sur instruction du parquet.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril.
Cette guerre dévastatrice, qui a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés, a accentué les tensions communautaires au Liban.
Malgré la relative liberté d’expression dont jouit le Liban par rapport à d'autres pays arabes, les médias, artistes et humoristes sont régulièrement victime de harcèlement dès lors que certains jugent leurs propos offensant envers une figure politique ou religieuse.
AFP



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