Le ministre allemand de la Défense a indiqué samedi que le retrait de troupes américaines d'Allemagne, annoncé par Washington, était attendu, et confirmait que l'Europe devait faire plus pour prendre en main sa sécurité.
«Que des troupes des États-Unis se retirent d'Europe et aussi d'Allemagne était attendu», a dit le ministre, Boris Pistorius, dans un commentaire transmis à l'AFP par son ministère.
«Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité», a-t-il ajouté.
L'annonce américaine intervenait après une dispute à distance entre Donald Trump et le chancelier Friedrich Merz au sujet de la guerre en Iran déclenchée par Washington. Le président américain reproche aux Européens un manque de soutien.
M. Merz avait suscité la colère du président américain lundi, en jugeant que «les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie» en Iran et que Téhéran «humiliait» la première puissance mondiale. Le locataire de la Maison Blanche avait réagi en disant étudier la possibilité d'un retrait de troupes d'Allemagne.
Puis vendredi, le Pentagone a annoncé vendredi le retrait de quelque 5.000 militaires d'ici à un an.
M. Pistorius a relevé que la présence américaine dans le pays restait «dans l'intérêt» de l'Allemagne et «dans intérêt des États-Unis», car ces troupes servent de «dissuasion collective», au moment où les ambitions russes sont vécues comme une menace sur le vieux Continent.
Il relève aussi que les États-Unis utilisent leurs bases militaires en Allemagne «pour leurs intérêts en matière de politique sécuritaire en Afrique et au Moyen-Orient». Les installations américaines ont notamment servi pour les opérations en Iran.
Selon M. Pistorius, quelque «5.000 soldates et soldats américains sur près de 40.000» sont appelés à partir, confirmant le nombre annoncé par le Pentagone.
Enfin, le ministre a rappelé que l'Allemagne avait déjà engagé un vaste chantier pour rebâtir son armée, diminuée par des décennies de sous-financement.
Berlin veut pouvoir à la fois répondre à la menace russe croissante du fait de l'invasion de l'Ukraine, mais aussi se défaire en partie de sa dépendance sécuritaire à l'égard des États-Unis, au regard des tensions avec Donald Trump.
Depuis la fin de la Guerre froide, la présence américaine en Allemagne a été considérablement réduite, mais elle reste un pilier de la politique de sécurité allemande et de l'Otan.
Lors de son premier mandat, en 2020, M. Trump avait déjà menacé de ramener le nombre de militaires à 25.000, jugeant les dépenses militaires de l'Allemagne trop faibles. Mais après sa défaite électorale, son successeur, Joe Biden, n'avait pas donné suite à ce plan.
Parmi les sites américains en Allemagne, la base militaire de Ramstein (ouest) est d'une grande importance pour les déploiements américains au Moyen-Orient.
Les États-Unis stockent aussi des armes nucléaires à Büchel (ouest). A Stuttgart, on trouve le commandement américain pour l'Europe et l'Afrique, tandis que Grafenwöhr en Bavière accueille un vaste terrain d'entraînement et Landstuhl abrite un vaste centre hospitalier de l'armée américaine.
AFP



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