Pétrole: le Brent flambe au-dessus de 126 dollars, l'impasse au Moyen-Orient inquiète
Vue de la raffinerie Marathon Petroleum à Carson (Los Angeles), en Californie, le 25 avril 2020, après la chute historique du prix du pétrole brut en territoire négatif le 20 avril,2026. ©Robyn Beck / AFP

Le pétrole s’envole à nouveau jeudi, le baril de Brent ayant flambé de 7,5% et dépassé 126 dollars en Asie, dans un marché affolé par la perspective d’un blocus prolongé du détroit d’Ormuz et de possibles options militaires étudiées à Washington.

Brent au plus haut depuis le début du conflit

Vers 06H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, grimpait de 3,13% à 110,23 dollars.

À la même heure, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, flambait lui de 5,39% à 124,39 dollars, après avoir grimpé en cours d’échanges d’environ 7,5% à 126,41 dollars.

Il s’agit de son plus haut niveau depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a deux mois, et d’un sommet depuis mi-2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe avait provoqué une flambée des cours.

Les cours confortent donc leurs gains après s’être déjà envolés en cours d’échanges mercredi, le WTI avait bondi de presque 7% et le Brent de 6%.

Le marché est dopé par la perspective d’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, passage stratégique où transite d’ordinaire un cinquième du brut mondial, et déjà paralysé depuis fin février.

Selon un haut responsable de la Maison Blanche, Donald Trump a évoqué une possible prolongation «pendant plusieurs mois» du blocus américain des ports iraniens. Et ce, alors que Téhéran maintient son propre blocage du détroit pour les navires pétroliers voulant en sortir.

Jeudi, des informations du média américain Axios ont par ailleurs électrisé le marché: le président américain Donald Trump devrait recevoir jeudi un briefing sur les nouveaux plans d’une éventuelle action militaire en Iran, assure-t-il, citant deux sources proches du dossier.

De quoi raviver les incertitudes sur les perspectives au Moyen-Orient et laisser présager une prolongation durable des perturbations sur l’approvisionnement d’hydrocarbures.

«Le contexte géopolitique ne montre aucun signe d’apaisement (...). Les capacités de stockage saturent (dans le Golfe), les exportations sont limitées et le risque ne se limite plus à la simple perte d’approvisionnement, mais englobe désormais la baisse durable de production», avertissait en début d’échanges Stephen Innes, de SPI Asset Management.

«Lorsque le pétrole brut ne peut plus circuler, les puits ferment, et lorsque cela se produit en situation de crise, la remise en service n’est ni immédiate, ni garantie. C’est ainsi qu’une perturbation temporaire se mue en un problème plus structurel», souligne-t-il.

«Le marché ne semble pas encore intégrer pleinement la détérioration potentielle des fondamentaux qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner», abonde Anthony Kettle, gestionnaire chez RBC Bluebay Asset Management, cité par Bloomberg.

Les Bourses piquent du nez

À la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en recul de 1,05% à 59.284,92 points. À Séoul, l’indice Kospi a perdu 1,38%.

Ailleurs en Asie, Taipei a cédé 0,96% et Sydney 0,24%. L’indice hongkongais Hang Seng lâchait 1,19% vers 06H30 GMT.

Déjà sous pression, les indices ont accéléré leurs pertes à mesure que s’envolaient les cours du pétrole. L’Asie est extrêmement dépendante du Golfe pour ses approvisionnements en hydrocarbures.

Le dollar monte, plus bas de la roupie

La monnaie américaine gagnait 0,11% à 160,59 yens pour un dollar vers 06H30 GMT.

Le dollar avait déjà grimpé mercredi, porté à la fois par la perspective d’un long blocage du détroit d’Ormuz, qui fait flamber le pétrole, et par une banque centrale américaine (Fed) peu disposée à baisser les taux dans un avenir proche.

Perçu comme une valeur refuge par les investisseurs, le billet vert se renforce à mesure que les cours du pétrole grimpaient.

L’or gagnait lui 0,64% à 4.576 dollars l’once, après un moment de faiblesse.

Par ailleurs, la roupie indienne a chuté à son plus bas niveau historique face au dollar, la hausse continue des prix du pétrole accentuant les inquiétudes concernant le déficit extérieur du pays.

AFP

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