Selon des sources proches du palais présidentiel, le chef de l’État, Joseph Aoun, reste imperméable au tumulte suscité par les débats autour des négociations et du cessez-le-feu. Il poursuit son action avec constance, déterminé à mettre un terme à la guerre et à en limiter les ravages.
D’après ces mêmes sources, les critiques adressées à M. Aoun et au gouvernement ne s’accompagnent d’aucune alternative crédible permettant de mettre fin aux hostilités et aux frappes israéliennes. Certaines prises de positions, ajoutent-elles, semblent même mettre en avant l’option militaire, sans tenir compte des conséquences des précédents conflits dans lesquels le Liban a été entraîné.
Le président Aoun se heurte, selon elles, à un double verrou: d’un côté le Hezbollah, de l’autre Israël, aucun des deux n’affichant de volonté réelle de désescalade. L’absence de perspective politique claire accentue les pertes subies par le pays et sa population.
Plusieurs obstacles continuent par ailleurs de freiner l’ouverture de négociations structurées entre le Liban et Israël. Le principal réside dans la focalisation des États-Unis sur leurs discussions avec l’Iran, qui chercherait à lier le dossier libanais à son propre processus de négociation. Une dynamique renforcée par le Hezbollah, convaincu de bénéficier d’un rapport de forces favorable sur le terrain.
Cette situation a également retardé la fixation d’une date pour la visite du président Aoun à Washington. Celui-ci maintient d’ailleurs sa ligne de conduite, en refusant toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
Dans ce climat, le cessez-le-feu en vigueur apparaît de plus en plus fragile. Des mises en garde ont été transmises au gouvernement libanais par le biais de contacts avec les Américains, lesquels ont relayé plusieurs messages israéliens adressés à la Maison-Blanche et au département d’État. Ces messages dénoncent des violations imputées au Hezbollah, responsable de la mort de trois soldats israéliens entre le 17 et le 27 avril.
Israël affirme, par ailleurs, ne pas tolérer la fragilisation de ses forces et exhorte Washington à comprendre sa réaction face à cette situation.
Pour plusieurs observateurs, le paradoxe tient au fait que le gouvernement libanais entretient des contacts directs et indirects avec Israël, mais aucun dialogue parallèle avec le Hezbollah, qui refuse toute discussion sur une désescalade ou sur une délégation du pouvoir de négociation à l’État.
Les positions publiques du Hezbollah, estiment-ils, alimentent le blocage politique et aggravent les tensions internes, plaçant le pays face à deux fronts – externe et interne – avec un risque d’escalade imprévisible.
Enfin, ces mêmes observateurs relèvent que, tout en rejetant les négociations et le cessez-le-feu, le Hezbollah continue de faire porter à l’État la responsabilité de la guerre, alors que celui-ci n’a ni décidé l’entrée en conflit ni déclenché les hostilités. La question de la responsabilité demeure donc entière, les acteurs à l’origine du conflit se tenant à distance de toute reddition de comptes.




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