Vers une exonération de frais d’inscription dans les universités françaises pour les étudiants libanais ?
Le président français Emmanuel Macron (à droite) serre la main du Premier ministre libanais Nawaf Salam à l’issue d’une déclaration conjointe à la presse après leur rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 21 avril 2026. ©Ludovic Marin / POOL / AFP

L’ambassade du Liban en France a indiqué sur X que le président Emmanuel Macron a "pris la décision d’exonérer les étudiants libanais inscrits dans des universités publiques françaises des frais d’inscription à la rentrée prochaine".

C’est une annonce qui n’a pas fait trop de bruit. En marge de la visite du Premier ministre libanais Nawaf Salam à l’Élysée mardi 21 avril, le président français Emmanuel Macron a annoncé sa décision d’exonérer les étudiants libanais des frais d’inscription dans les universités publiques françaises, à compter de la rentrée de septembre 2026.

C’est en tout cas ce qu’a affirmé l’ambassade du Liban en France samedi dans un message posté sur X.

 

Côté français, le président français Emmanuel Macron avait simplement affirmé lors de sa conférence de presse, sans donner plus de détails, que «nous avons aussi décidé plusieurs réformes importantes pour permettre aux étudiants libanais, aux élèves libanais de poursuivre dans les meilleures conditions possibles leur scolarité et être accueillis aussi dans nos universités».

Quoi qu’il en soit, l’annonce du président a de quoi interroger puisque la veille, lundi 20 avril, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a accordé un entretien au Parisien pour annoncer exactement le contraire : la fin des exonérations massives et l’application stricte des droits différenciés pour tous les étudiants extracommunautaires.

Accélération de la fuite des cerveaux ?

La France est déjà la première destination des étudiants libanais qui choisissent de poursuivre leurs études à l’étranger. Citant l’agence Campus France, le journal Le Monde indique que quelque 10 600 étudiants libanais étaient présents en France en 2024. Le Liban figure régulièrement dans les dix premiers pays d’origine des étudiants étrangers en France. Il se distingue même au niveau doctoral : deuxième pays d’origine des doctorants étrangers inscrits dans les universités françaises, juste derrière la Chine.

Entre 2017 et 2022, le nombre d’étudiants libanais en France a progressé de plus de cent pour cent — la hausse la plus forte parmi les pays du Moyen-Orient. Les candidatures à Campus France depuis Beyrouth augmentent chaque année, portées par une demande de départ que la crise économique a transformée en urgence existentielle.

Il y a cependant toujours un « mais ». Le geste de la présidence française va-t-il rendre encore plus accessible l’émigration de Libanais vers la France, et donc une accélération de la fuite des cerveaux – dont le Liban a pourtant bien besoin pour s’assurer un avenir ? C’est toute la question.

Commentaires
  • Aucun commentaire