Face à la surpopulation carcérale, des actions de blocage de prisons françaises
Des agents pénitentiaires en grève bloquent l'accès au centre de détention de Nanterre-Hauts-de-Seine, à Nanterre, à l'ouest de Paris, le 27 avril 2026, après que le syndicat Ufap-Unsa a appelé à un blocage des établissements pénitentiaires afin d'attirer l'attention sur la surpopulation carcérale et de « pourvoir les 5 000 postes vacants ». ©Photo by ALAIN JOCARD / AFP

Plusieurs prisons françaises ont été bloquées lundi matin à l’appel du syndicat de surveillants Ufap-Unsa, qui réclame des mesures d’urgence face à la surpopulation carcérale et au manque d’effectifs.

Des actions ont notamment eu lieu à Bois-d’Arcy, Lyon-Corbas ou Villeneuve-les-Maguelone, perturbant parfois les transferts de détenus.

Dans le nord du pays, plusieurs établissements, dont Beauvais, Amiens, Douai et Béthune, ont vu leurs accès bloqués par le personnel, accompagné de débrayages.

Surveillants et directeurs alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire «au bord de l’explosion».

Le Conseil de l’Europe avait déjà dénoncé des prisons surpeuplées et parfois insalubres, évoquant un risque d’évolution vers un «entrepôt humain».

La France figure parmi les pays européens les plus touchés, avec un taux d’occupation atteignant 137,5% au 1er mars, soit 87 126 détenus pour moins de 63 500 places.

Au rythme actuel, le seuil des 90 000 détenus pourrait être rapidement dépassé.

Un projet de loi prévoit notamment la suppression des matelas au sol dans les cellules, faute de lits suffisants.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’oppose toutefois à un mécanisme de régulation carcérale inspiré du modèle allemand.

Le gouvernement prévoit l’ouverture de 3 000 places supplémentaires dans des «prisons modulaires», destinées aux détenus en fin de peine ou condamnés à de courtes durées.

Moins d’un tiers des 15 000 places prévues dans un plan lancé en 2018 ont été réalisées.

AFP

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