Semaine cruciale de négociations à l’OMS sur les vaccins et pathogènes
Une semaine de négociations s’ouvre lundi à l’OMS dans l’espoir d’aboutir à un accord sur le partage des agents pathogènes et des produits de santé ©AFP

Une ultime semaine de négociations s’ouvre lundi à l’OMS dans l’espoir d’aboutir à un accord sur le partage des agents pathogènes et des produits de santé, étape clé pour l’entrée en vigueur du traité sur les pandémies adopté l’an dernier.

Mais l’issue de ces discussions, organisées au siège de l’Organisation mondiale de la santé, reste très incertaine.

«Les pays en développement expriment leur méfiance, craignant de partager leurs virus sans garantie d’accès équitable aux vaccins en cas de crise, tandis que les autres pays s’interrogent sur la motivation et la capacité de l’industrie pharmaceutique à soutenir un accord mondial sur les pandémies sans garantie de retour sur investissement à terme», a déclaré Sylvie Briand, scientifique en chef à l’OMS.

«Ces négociations sont rendues complexes par l’évolution rapide des sciences. L’enjeu est d’intégrer le partage des données génétiques, désormais aussi crucial que celui des virus physiques», a-t-elle ajouté.

Après plus de trois ans de discussions lancées à la suite du Covid-19, les États membres de l’OMS — dont les États-Unis de Donald Trump se sont retirés — ont adopté en mai 2025 un traité sur les pandémies.

Cependant, ils n’avaient pas réussi à s’entendre sur le point central : le système de partage équitable des agents pathogènes et des outils de santé, appelé PABS.

Les négociations se poursuivent depuis, avec l’objectif de finaliser ce mécanisme cette semaine avant son adoption lors de l’assemblée générale en mai.

«Espoir» 

Selon Jean Karydakis, les divergences restent «importantes», même si certains pays riches, notamment l’Union européenne, font preuve de davantage de flexibilité.

«Je pense que nous nous rapprochons sur certains points», a estimé Eirik Bakka.

Considéré comme la «clé de voûte» du traité par le directeur de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le dispositif PABS est jugé essentiel par les pays en développement.

Il prévoit qu’en cas de pandémie, les laboratoires participants garantissent à l’OMS un accès à 20% de leur production de vaccins, traitements et diagnostics, dont au moins 10% sous forme de dons.

Cependant, plusieurs aspects restent à définir, notamment les contributions financières des entreprises et les modalités d’accès aux données.

«Ces négociations ont été assez difficiles» mais «nous gardons espoir», a déclaré Adeel Mumtaz Khokhar.

«Points de friction» 

Les pays en développement demandent un partage plus large des technologies et des outils de santé, y compris en dehors des périodes de pandémie.

Ils estiment également que l’accès aux données génétiques devrait entraîner des obligations juridiques de partage des bénéfices, une idée rejetée par plusieurs pays développés.

Des ONG dénoncent le risque que les ressources issues des pays du Sud soient exploitées «en toute impunité» sans retour équitable.

Le débat porte aussi sur l’accès aux bases de données : certains pays défendent un système de traçabilité, tandis que d’autres privilégient un accès anonyme.

AFP

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