Colombie : 19 morts dans un attentat à la bombe à un mois de la présidentielle
Des personnes se tiennent sur le site d’une explosion après un attentat à la bombe à El Tunel, sur la route Popayán–Cali, à Cajibío, dans le département du Cauca, en Colombie, le 25 avril 2026. ©Joaquin Sarmiento / AFP

Un attentat à la bombe a fait au moins 19 morts et 38 blessés samedi sur une route du sud-ouest de la Colombie, secouée par une série d'attaques à un peu plus d'un mois de la présidentielle, selon un nouveau bilan.

Les autorités médico-légales ont fait état dimanche de «19 corps» retrouvés, quand un précédent bilan s'élevait à 14 morts et 38 blessés.

En pleine campagne électorale dominée par les questions de sécurité, les autorités ont accusé la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui n'a pas adhéré à l'accord de paix de 2016 et sème la terreur dans le pays.

Des images de l'AFP montrent des personnes autour des corps des victimes, des véhicules détruits et des profonds cratères sur une route du département du Cauca, traditionnelle zone d'influence des groupes armés, où l'explosion s'est produite.

Des témoins ont affirmé que l'impact les avait projetés, eux et leurs véhicules, à plusieurs mètres.

«Nous attendions qu'on nous laisse passer pour continuer notre route et cette bombe a explosé là», a déclaré à l'AFP Francisco Javier Betancourt, producteur de café et témoin de l'attentat. «J'avais peur (...) Regardez où en est arrivé le pays», a-t-il ajouté.

«Trafiquants de drogue»

Il est difficile d'évaluer le nombre de victimes en raison d'échanges de tirs avec des guérilleros dans trois commissariats du Cauca, a expliqué une source policière.

«Ceux qui ont commis cet attentat et tué (...) sont des terroristes, des fascistes et des trafiquants de drogue», a dénoncé sur X le président Gustavo Petro, qui s'apprête à quitter le pouvoir.

«Je veux les meilleurs soldats pour les affronter», a-t-il ajouté, accusant le chef de la principale dissidence des Farc, Ivan Mordisco, qu'il a souvent comparé au défunt baron de la drogue Pablo Escobar.

Après une année à essayer de négocier un accord de paix avec Ivan Mordisco, le premier président de gauche de l'histoire de la Colombie a opté pour une guerre frontale avec le guérillero. Une récompense d'environ un million de dollars est offerte pour toute information conduisant à sa capture.

Vendredi, un attentat contre une base militaire a fait un mort à Cali (sud-ouest), la troisième ville du pays, et a marqué le début d'une série d'attaques dans les régions de la Vallée du Cauca et du Cauca, fief de la dissidence des Farc sous le contrôle de Mordisco.

En 2025, des attentats sanglants contre les forces de l'ordre dans la région avaient fait des victimes parmi les civils et marqué la pire vague de violence que le pays ait connue au cours de la dernière décennie.

Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a assuré samedi que la présence militaire et policière serait renforcée dans la zone.

Menaces de mort

Cette dernière vague d'attentats exacerbe le climat de tension à l'approche de la présidentielle du 31 mai, où la sécurité est l'un des thèmes centraux depuis l'assassinat du candidat de droite Miguel Uribe, abattu lors d'un meeting en juin 2025.

Gustavo Petro, élu en 2022, va quitter le pouvoir. Son dauphin politique, le sénateur Iván Cepeda, est donné favori dans les sondages, suivi par les candidats de droite Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia. Tous trois ont dénoncé des menaces de mort et bénéficient de dispositifs de sécurité renforcés.

En Colombie, il est courant que des groupes armés, qui se financent par des activités illégales telles que le trafic de drogue, l'exploitation minière et l'extorsion, tentent d'exercer une pression violente sur les élections, locales et nationales.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire