Les marchés mondiaux avancent à tâtons vendredi face aux incertitudes géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et aux prix élevés de l’énergie, dont les effets commencent à peser concrètement sur l’économie.
«Les marchés abordent la dernière séance de la semaine dans un climat prudent, alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran ne montrent aucun signe d’apaisement et que le détroit d’Ormuz reste pratiquement fermé», commente Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Ce passage stratégique par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux reste un enjeu majeur du conflit. Il est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.
«Le ton est également monté d’un cran» jeudi, le président américain «ayant indiqué avoir ordonné à la marine américaine de tirer sur les embarcations posant des mines dans le détroit d’Ormuz», souligne M. Reid.
«Tout cela entretient une incertitude persistante», poursuit-il, malgré l’annonce jeudi de Donald Trump d’une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban. Les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort.
Sur les marchés, l’incertitude se traduit par la poursuite de la hausse des prix du pétrole, le Brent, la référence mondiale du brut, s’installant désormais confortablement au-dessus des 100 dollars le baril.
Vers 07H30 GMT, le Brent prenait encore 0,55% à 105,65 dollars, et son équivalent américain, le WTI, gagnait 0,26% à 96,10 dollars le baril.
Les Bourses mondiales partagées
«Les actions résistent – pour l’instant», estime Patrick Munnelly, de Tickmill Group, évoquant des résultats d’entreprises qui «restent solides».
Pour l’analyste, la situation actuelle ne correspond donc pas à un moment d’aversion pour le risque «mais plutôt à une tension croissante entre la résilience des bénéfices et la détérioration macroéconomique».
En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,58%, Londres reculait de 0,40% et Milan de 0,57%. Seule Francfort s’octroyait 0,13%.
Le géant allemand des logiciels SAP, poids lourd du Dax de Francfort, prenait 4,65% vers 07H30 GMT après avoir annoncé une hausse de son chiffre d’affaires et de ses bénéfices au premier trimestre, et la poursuite de la croissance de sa division cloud, secteur clé pour le groupe.
À la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 0,97%.
À la Bourse de Séoul, l’indice Kospi – après avoir volé ces derniers jours de record en record – a fini inchangé. L’indice hongkongais Hang Seng gagnait 0,23% dans les derniers échanges.
Divergence entre l’Europe et les États-Unis
Du côté des indicateurs macroéconomiques, «une divergence notable est apparue entre les États-Unis et l’Europe avec les PMI Flash d’avril», un des meilleurs baromètres avancés de la santé de l’économie du Vieux Continent, souligne Jim Reid.
En zone euro, les indicateurs passent au rouge sous l’effet du conflit au Moyen-Orient, qui a donné en avril un net coup de frein à l’activité du secteur privé, plombée par l’envolée des prix de l’énergie et les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. L’indice a reculé ce mois-ci pour la première fois depuis 16 mois.
Ces données «ont confirmé les conséquences négatives du choc énergétique sur l’activité économique. Les services européens ont été particulièrement touchés», relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Aux États-Unis, au contraire, «des données solides ont renforcé l’idée d’une économie résiliente», note M. Reid.
Dans ce contexte, le dollar restait stable face à l’euro (+0,04%) à 1,1680 dollar pour un euro vers 07H30 GMT.
«La semaine prochaine sera cruciale pour les grandes banques centrales, qui devront intégrer plus clairement les implications du conflit entre l’Iran et les États-Unis, ses conséquences sur les prix de l’énergie» et les différentes économies, rappelle Patrick Munnelly.
AFP



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