Le pétrole grimpe, les Bourses d'Asie trébuchent après des records: inquiétude sur le Moyen-Orient
Pétrole en hausse, Bourses hésitantes : les marchés sous pression des tensions Iran–USA. ©CESAR MANSO / AFP

Les prix du pétrole ont bondi en Asie, tandis que les Bourses de Tokyo et Séoul ont repris leur souffle après des niveaux records en début d'échanges, dans des marchés inquiets des incertitudes autour des pourparlers entre Iran et États-Unis.

Pétrole renforcé, Brent au-dessus de 100 dollars

Vers 06H35 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) grimpait de 1,47% à 94,33 dollars, après avoir brièvement bondi de plus de 4% en début d'échanges en Asie.

Celui de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 1,41% à 103,35 dollars, après avoir lui aussi momentanément flambé. Il s'installe désormais au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars.

L'espoir de nouveaux pourparlers entre Téhéran et Washington semble s'éroder aux yeux des opérateurs: les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont affirmé que leurs forces navales avaient intercepté deux navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz.

Et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a exclu une réouverture du détroit d'Ormuz, passage par où transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, tant que durera le blocus américain des ports iraniens, qu'il considère comme une violation du cessez-le-feu convenu.

Le quotidien américain Washington Post a rapporté l'avertissement d'un haut responsable du ministère de la Défense, selon lequel il pourrait falloir six mois pour déminer entièrement le détroit d'Ormuz, opération qui ne débutera probablement pas avant la fin de la guerre.

«Le blocus persistant des ports iraniens et le refus de l'Iran d'engager des pourparlers de paix laissent présager une perturbation prolongée des flux énergétiques» même si « la prolongation du cessez-le-feu suggère, pour l'heure, une volonté limitée de poursuivre l'escalade», observe Lloyd Chan, de la banque MUFG.

«L'équilibre est précaire (...) Plus le détroit demeure compromis, plus la pression monte au sein du système. Avec chaque semaine supplémentaire (de blocage), les capacités de stockage se saturent, les flux sont redirigés, les coûts augmentent», avertit Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Les Bourses d'Asie s'inclinent, après des records à Tokyo et Séoul

Les Bourses de Tokyo et Séoul ont tenté, en début d'échanges jeudi, de détourner leur attention du Moyen-Orient pour se laisser porter par une envolée des valeurs technologiques, poids-lourds de leur cote.

À Tokyo, l'indice phare Nikkei a ainsi franchi pour la toute première fois la barre des 60.000 points, tandis que l'indice sud-coréen Kospi se hissait à un nouveau sommet, portés par les titres liés aux semi-conducteurs, sur fond de perspectives toujours robustes sur l'IA.

Le fabricant de puces sud-coréen SK hynix a d'ailleurs dévoilé jeudi un bénéfice trimestriel record.

«La demande est colossale en raison de l'IA, et je pense qu'on peut s'attendre à ce que les investissements massifs se poursuivent dans un avenir prévisible», indique Mark Grant, d'Alliance Global Partners, cité par Bloomberg. «Le secteur demeure attrayant, tant en termes de valorisation que de croissance».

Mais la tendance s'est rapidement inversée, succombant à la nervosité liée au conflit au Moyen-Orient, alors que les économies asiatiques dépendent largement des hydrocarbures du Golfe.

À Tokyo, l'indice Nikkei a finalement clôturé en repli de 0,74% à 59.140,23 points. La Bourse de Sydney a cédé 0,57%, Taipei 0,43%, et l'indice hongkongais Hang Seng perdait 0,86% vers 06H35 GMT.

À Séoul, l'indice Kospi a résisté (+0,90%, à un nouveau sommet inédit en clôture), mais en modérant nettement ses gains du début de séance.

Certes, «qu'il s'agisse d'une lassitude face au conflit ou de la conviction que celui-ci entre les États-Unis et l'Iran sera bientôt résolu, peu d'éléments indiquent que la hausse des prix du pétrole ait pesé sur les marchés obligataires et boursiers» ces derniers jours, reconnaît Skye Masters, de la National Australia Bank.

Mais face au blocage persistant d'Ormuz et à l'absence de négociations irano-américaines, «on peut se demander si les marchés financiers intègrent correctement la réalité selon laquelle les contraintes d'approvisionnement resteront problématiques un certain temps», prévient-elle.

Recul de l'or, dollar stable

La monnaie américaine se stabilisait face à la devise japonaise, à 159,60 yens pour un dollar vers 06H35 GMT.

L'or, de son côté, cédait 0,53% à 4.715 dollars l'once.

Le métal précieux est en recul depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les perspectives inflationnistes augmentant la probabilité de hausses des taux d'intérêts, rendant moins attractif l'or, actif ne produisant pas d'intérêts.

AFP

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