Les pays de l'Union européenne ne sont pas parvenus mardi à prendre de nouvelles sanctions contre Israël, en dépit des appels lancés en ce sens par plusieurs d'entre eux, dont l'Espagne, a reconnu la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.
Au cours d'une réunion mardi des ministres des Affaires étrangères des États membres à Luxembourg, l'Espagne et l'Irlande ont réclamé la suspension totale de l'accord d'association entre l'UE et Israël. Mais des pays comme l'Allemagne et l'Italie s'y sont opposés.
«Il n'y avait pas dans la salle de soutien à cette mesure», qui requiert l'unanimité des 27 pour être prise, a déclaré devant la presse Kaja Kallas, à l'issue de cette rencontre.
«Nous considérons cela comme inapproprié», a ainsi dit le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul, dès son arrivée à Luxembourg.
«Nous devons parler des questions cruciales avec Israël» mais «cela doit se faire dans un dialogue critique et constructif avec Israël, c'est ce que nous défendons», a-t-il ajouté.
De son côté, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a réitéré son scepticisme. «Je ne crois pas que le blocage d'un accord commercial soit un outil utile car cela revient à frapper l'ensemble de la population israélienne», a-t-il fait valoir.
«Si nous le faisons pas, notre crédibilité sera perdue», a en revanche jugé son homologue espagnol José Manuel Albares à propos de la suspension de cet accord d'association, entré en vigueur en 2000.
L'Espagne souhaiterait rompre cet accord. À ses côtés, l'Irlande et la Slovénie ont également signé une lettre commune pour réclamer un «réexamen» de l'accord.
«Nous devons agir. Nous devons nous assurer que nos valeurs fondamentales sont protégées», a lancé la ministre irlandaise, Helen McEntee.
L'attitude des Européens s'est durcie après la guerre dans la bande de Gaza, les dernières offensives israéliennes au Liban et le vote d'une loi instituant la peine de mort ne visant que les Palestiniens, il y a trois semaines. Mais pas au point de changer la donne autour de la table du conseil des ministres de l'UE.
«Je n'ai pas vu de changement de positions», a ainsi reconnu Mme Kallas.
Volet commercial
«Que doit-il encore se passer pour que l'Union européenne soit ébranlée par les violations systématiques du droit international et des droits de l'homme commises par Israël ?», a de son côté demandé le chef de la diplomatie espagnole.
Outre une suspension de l'accord dans son ensemble, la Commission européenne a également proposé aux Vingt-Sept de ne suspendre que son volet commercial, ce qui peut être décidé à la majorité qualifiée des États membres.
Ces derniers en ont déjà débattu mais sans parvenir à trouver cette majorité, soit au moins 15 de ces pays représentant 65% de la population de l'UE.
Pour que ces mesures soient adoptées, cela suppose que «des États modifient leur position. Nous ne l’avons pas constaté aujourd’hui (mardi)», a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE.
L'UE est le premier partenaire commercial d'Israël, pays auquel l'Allemagne vend notamment des armes.
La Commission européenne a également proposé il y a plusieurs mois des sanctions contre des colons extrémistes en Cisjordanie, mais un veto de la Hongrie a jusqu'ici empêché une décision à ce sujet. Les Européens espèrent que la défaite électorale de Viktor Orban changera la donne mais ils doivent encore attendre l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement pour le vérifier.
La France et la Suède ont de leur côté réclamé dans une lettre commune de restreindre les importations en provenance des colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens occupés.
«Nous estimons que l'UE doit de toute urgence accroître la pression sur Israël», est-il écrit dans ce texte.
AFP



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