Cette trêve ne dupe personne, ni au Liban ni au Moyen-Orient. Tous les acteurs, y compris les États-Unis, l’Iran et Israël, savent qu’elle a été conclue avant tout pour contenir une escalade que Donald Trump avait brandie, au point de susciter des craintes allant jusqu’à l’anéantissement d’un pan entier de civilisation.
Ni Washington ni Tel-Aviv ne s’opposent, en réalité, à la poursuite des combats et des négociations sous le feu.
Tous deux estiment qu’en dernier ressort, le recours à la force demeure une option incontournable et qu’ils finiront tôt ou tard par devoir trancher ce conflit par les moyens les plus radicaux.
Dans cette logique, la guerre ne pourra s’achever que par un accord politique ou par un règlement militaire particulièrement coûteux. Mais un accord supposerait une capitulation totale de l’Iran, scénario difficilement concevable tant la nature même du régime exclut toute reddition, fût-ce au prix de sa survie.
Il apparaît toutefois que Donald Trump, soutenu par Benjamin Netanyahou, accorde encore une marge aux négociations, misant sur les divisions internes du pouvoir iranien, notamment entre les Gardiens de la révolution et les équipes diplomatiques, dans l’espoir d’éroder le système de l’intérieur.
Dans cette équation, tout porte à croire que les négociations ne servent qu’à gagner du temps, en attendant une reprise des hostilités. Le risque est alors celui d’un embrasement prolongé, que certains n’hésitent déjà plus à comparer à une forme de troisième guerre mondiale, amorcée en juin dernier et poursuivie depuis sous des formes multiples.
Deux issues seulement se dessinent: soit l’émergence de l’Iran comme quatrième puissance mondiale —hypothèse jugée peu crédible par la quasi-totalité des acteurs et observateurs, y compris dans le monde sunnite— soit son affaiblissement, ouvrant la voie à un rééquilibrage régional au profit d’autres puissances, au premier rang desquelles l’Arabie saoudite, appelée à jouer un rôle de stabilisateur dans les équilibres du Moyen-Orient.
En définitive, cette trêve ressemble davantage à un simple sursis, une fenêtre d’opportunité qui pourrait ne plus se représenter. Mais, à ce stade, aucun des deux camps ne semble disposé à s’en saisir pleinement, comme en témoignent les évolutions en cours.



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