Le ministère iranien des Affaires étrangères a mis en doute lundi le sérieux des États-Unis dans leur volonté de poursuivre la voie diplomatique, invoquant des «violations» du cessez-le-feu en cours.
«Tout en affirmant privilégier la diplomatie et se dire prêts à négocier, les États-Unis adoptent des comportements qui ne témoignent en rien d'un engagement sérieux dans un processus diplomatique», a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors de son point de presse hebdomadaire.
Il a ajouté que la saisie d'un cargo iranien, le blocus naval des ports iraniens et les retards dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban constituaient autant de «violations manifestes du cessez-le-feu».
Dans ce contexte, a ajouté le porte-parole, Téhéran n'a pas encore pris de décision quant à une éventuelle participation aux nouveaux pourparlers de paix avec Washington, prévus à Islamabad, alors que la trêve expire dans deux jours.
«À ce stade, au moment où je m'exprime, nous n'avons pas de projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet», a-t-il dit.
Parmi les principaux points d'achoppement, figurent les stocks d'uranium hautement enrichi de l'Iran ainsi que le statut du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début du conflit.
«S'agissant du transfert d'uranium enrichi, ni au cours de ces négociations ni auparavant, une telle option n'a été évoquée», a assuré M. Baghaï. «Elle n'a jamais été envisagée de notre côté.
L'Iran avait déjà démenti la semaine dernière avoir accepté tout transfert de cette matière nucléaire, contrairement à ce qu'avait affirmé le président américain Donald Trump.
Le programme nucléaire iranien a été gravement endommagé à l'issue de la guerre des 12 jours de juin 2025 et de l'intense campagne de frappes américano-israéliennes de ces dernières semaines.
Mais Téhéran dispose toujours d'une quantité importante de matière d'uranium hautement enrichi à 60%, niveau proche du seuil de 90% requis pour la fabrication d'une bombe atomique, sans compter le stock d'uranium enrichi à 20%, un seuil critique permettant de monter rapidement à 60%, puis 90%.
Soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de la bombe atomique, la République islamique rejette régulièrement ces allégations et défend son droit au nucléaire civil.
AFP



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