Un Casque bleu français tué et trois blessés, annonce Macron, accusant le Hezbollah
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) patrouille dans la région tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah. ©MAHMOUD ZAYYAT / AFP

Un militaire français a été tué et trois ont été blessés samedi au sud-Liban, lors d'une attaque contre des Casques bleus, a annoncé Emmanuel Macron, déclarant que «tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah».

«La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah. La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul», a déclaré le chef de l'État français sur X.

Dans un communiqué publié samedi, la Finul a indiqué qu’une de ses patrouilles de déminage a été prise pour cible par des tirs d’armes légères dans le village de Ghandouriyé (caza de Bint Jbeil), alors qu’elle tentait de «réétablir la liaison avec des positions isolées» de la mission.

L’attaque a fait un mort parmi les Casques bleus et trois blessés, dont deux grièvement. «Un Casque bleu a succombé à ses blessures», précise la mission onusienne, ajoutant que les militaires blessés ont été transférés vers des structures médicales pour y recevoir des soins.

La mission onusienne a «condamné cette attaque délibérée» contre des soldats «engagés dans leurs tâches mandatées», soulignant que les opérations de neutralisation des engins explosifs sont «vitales» dans le contexte des récents combats.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’incident. Selon une première évaluation, les tirs proviendraient d’«acteurs non étatiques», possiblement liés au Hezbollah.

La Finul a enfin rappelé que les attaques visant les Casques bleus constituent «des violations graves du droit international humanitaire et de la résolution 1701», pouvant «équivaloir à des crimes de guerre», appelant le gouvernement libanais à «ouvrir rapidement une enquête» pour identifier et poursuivre les responsables.

Parallèlement, le président Joseph Aoun a présenté ses condoléances à son homologue français Emmanuel Macron, lors d’un appel téléphonique Il a «fermement condamné» cette attaque contre une force «accomplissant ses missions au service de la paix et de la stabilité».

Le président libanais a réaffirmé que le Liban «rejette catégoriquement toute atteinte» à la Finul et reste «engagé à garantir la sécurité de ses personnels et à assurer les conditions nécessaires à l’accomplissement de leur mission». Il a précisé avoir donné des instructions aux autorités compétentes pour «ouvrir immédiatement une enquête», soulignant que le Liban «ne tolérera aucune impunité» et poursuivra les responsables «afin de les traduire en justice».

Les chefs d’État ont également abordé les derniers développements, notamment l’annonce du cessez-le-feu et «les préparatifs en cours pour lancer des négociations», dans le sillage de l’initiative libanaise.

M. Aoun a remercié la France pour son soutien «dans tous les domaines» ainsi que pour les aides apportées afin «d’atténuer les souffrances du peuple libanais».

Pour sa part, le Premier ministre Nawaf Salam a fermement condamné l’attaque, indiquant avoir donné «des instructions strictes pour l’ouverture immédiate d’une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de cette attaque et de traduire les responsables en justice».

«Ce comportement irresponsable porte gravement atteinte au Liban et à ses relations avec les pays amis qui le soutiennent», a-t-il ajouté.

Le chef du Parlement, Nabih Berry, a à son tour condamné l’attaque contre la Finul, saluant les sacrifices consentis par les Casques bleus au fil des décennies, en particulier le contingent français.

Il a contacté le commandant de la Finul, le général Diodato Abagnara, pour lui présenter ses condoléances et s’enquérir de l’état des militaires blessés.

Dans un communiqué publié samedi, la direction de l’armée libanaise a aussi condamné l’incident, affirmant poursuivre sa coordination étroite avec la Finul dans cette phase délicate. Elle a indiqué qu’une enquête a été ouverte afin d’élucider les circonstances de l’incident et d’arrêter les personnes impliquées.

Avec AFP

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