L'Iran dément avoir accepté le transfert de son uranium enrichi
Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères . ©AFP

L'Iran a nié vendredi avoir accepté le transfert de ses stocks d'uranium enrichi, au lendemain de déclarations de Donald Trump sur ce sujet qui se trouve au cœur des contentieux entre Washington et Téhéran.

«L'uranium enrichi de l'Iran ne sera transféré nulle part. Tout comme le sol iranien est sacré à nos yeux, cette question revêt une grande importance pour nous», a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d'État.

«Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire», avait déclaré jeudi le président américain, en référence aux stocks d'uranium hautement enrichi en possession de l'Iran, avant d'assurer vendredi qu'il ne restait pas de «points de blocage» pour conclure un accord.

Le programme nucléaire iranien a été gravement endommagé à l'issue de la guerre des 12 jours de juin 2025 et de l'intense campagne de frappes américano-israéliennes de ces dernières semaines.

Mais Téhéran dispose toujours d'une quantité importante de matière d'uranium hautement enrichi à 60%, niveau proche du seuil de 90% requis pour la fabrication d'une bombe atomique, sans compter le stock d'uranium enrichi à 20%, un seuil critique permettant de monter rapidement à 60%, puis 90%.

La République islamique dément vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Le sort de ce stock reste incertain, Téhéran refusant l'accès aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur les sites nucléaires ravagés.

Mais si les précédentes discussions se concentraient sur la question nucléaire, les pourparlers actuels visent avant tout «à mettre fin à la guerre», selon le porte-parole de la diplomatie iranienne. «Et naturellement, l'éventail des sujets abordés s'est élargi.»

Dans ce cadre, l'Iran a ainsi annoncé la réouverture vendredi du détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

«Merci!», a immédiatement répondu le président américain dans une série de messages sur son réseau Truth Social, affirmant unilatéralement que la République islamique s'était engagée à «ne plus jamais fermer» le détroit. Et précisant que le blocus américain des ports iraniens demeurerait «totalement en vigueur» jusqu'à la fin des négociations.

«L'ouverture et la fermeture du détroit d'Ormuz ne se décident pas sur internet, elles se déterminent sur le terrain», a rétorqué Esmaïl Baghaï, avertissant d'une possible riposte de l'Iran face à la «violation du cessez-le-feu» que constitue ce blocus naval.

Il a également insisté sur «l'importance» de la levée des sanctions internationales asphyxiant l'économie iranienne et de la compensation des dommages subis pendant la guerre.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire