Les armateurs se sont montrés prudents vendredi après l'annonce par l'Iran de la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial, contrôlée par Téhéran et fermée depuis près de sept semaines.
La fermeture du détroit par les forces iraniennes a piégé des centaines de navires dans le Golfe et fait grimper les coûts d'acheminement des marchandises.
Nils Haupt, porte-parole du géant allemand du transport maritime Hapag-Lloyd, qui a des navires bloqués dans le Golfe, a déclaré par téléphone à l'AFP que la réouverture était «globalement une bonne nouvelle».
Mais il a averti que les armateurs avaient encore besoin de précisions sur les voies que les navires pourraient emprunter, en raison des mines marines.
«Mille navires ne peuvent pas simplement se rendre maintenant à l'entrée du détroit, ce serait le chaos. Ils doivent donner des instructions claires», a estimé M. Haupt.
«Nous serions prêts à partir très rapidement si certaines de ces questions en suspens pouvaient être résolues d'ici la fin du week-end», a-t-il ajouté.
Des données de Bloomberg montrent qu'environ 770 navires de transport de marchandises émettaient des signaux de transpondeur à l'intérieur du Golfe jeudi, dont quelque 360 transporteurs de pétrole et de gaz.
Avant la guerre, le nombre moyen de traversées quotidiennes du détroit s'élevait à environ 120, selon le journal spécialisé Lloyd’s List.
«L'Iran vient juste d'annoncer que le détroit d'Iran (sic) était entièrement ouvert et prêt pour une traversée complète», a salué Donald Trump.
Une information du président américain qualifiée d'«inexacte» par Jakob Larsen, directeur de la sécurité de l'association professionnelle d'armateurs Bimco, jugeant que la situation autour des mines n'était pas claire.
Pour Bimco, les compagnies maritimes devraient «éviter la zone», a-t-il ajouté.
Pour Thomas Kazakos, secrétaire général du principal lobby du secteur, la Chambre internationale de la marine marchande, l'annonce de la réouverture constitue une étape positive mais il subsiste encore beaucoup d'incertitudes quant à ce qu'elle signifie concrètement.
Il a ajouté qu'il est essentiel qu'elle marque le début d'un retour plus large et plus durable à la liberté de navigation dans l'un des couloirs maritimes les plus stratégiques du monde.
AFP
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