Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé mardi à saisir une «occasion historique» en vue d'une paix durable au Liban au début des premiers pourparlers directs entre Israël et le Liban depuis des décennies.
«C'est une occasion historique. Nous sommes conscients que nous devons faire face à des décennies d'histoire et aux complexités qui nous ont menés à ce moment unique et à la possibilité qui s'offre à nous», a déclaré M. Rubio en recevant au département d'État les ambassadeurs israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadé Moawad, ainsi que l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, et à l'ONU Mike Waltz.
«Il s'agit de mettre définitivement fin à 20 ou 30 ans d'influence du Hezbollah dans cette partie du monde», a-t-il ajouté.
«Il s'agit d'un processus, pas d'un événement ponctuel. Cela va au-delà d'une simple journée, cela prendra du temps», a jugé le secrétaire d'État américain en soulignant que les discussions mardi visaient «à définir un cadre sur lequel une paix durable pourra se construire».
Dès avant la rencontre, le Hezbollah pro-iranien, qui n'est pas représenté, avait rejeté la tenue de ces discussions et parlé d'une «capitulation».
L'armée israélienne a indiqué mardi s'attendre à une «intensification» des tirs du mouvement islamiste pro-iranien en direction d'Israël.
Les forces israéliennes et le Hezbollah sont actuellement engagés dans des combats rapprochés dans le sud du Liban, après que le mouvement chiite a lancé des attaques en réponse aux frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février.
Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars par le Hezbollah dans le conflit régional avec l'Iran, les frappes israéliennes ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes, malgré les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait dit samedi accepter ces pourparlers directs sous deux conditions: le «désarmement du Hezbollah» et la recherche d'un «véritable accord de paix qui tiendra pour des générations».
Côté libanais, le président Joseph Aoun a déclaré lundi qu'il «espérait qu'un accord serait conclu sur un cessez-le-feu au Liban, dans le but d'entamer des négociations directes entre le Liban et Israël», qui sont en état de guerre depuis des décennies.
L'administration Trump insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l'armée libanaise n'ait pas su ou pu le faire jusqu'à présent.
Mais Washington est entre deux feux, exigeant d'une part le respect de l'intégrité territoriale du Liban tout en défendant le droit d'Israël à se défendre.
Il va falloir «beaucoup d'imagination et d'optimisme pour penser» que le différend entre Israël et le Liban «puisse être résolu demain à Washington», a déclaré lundi à des journalistes un ancien responsable israélien de la Défense, ajoutant que «les attentes sont faibles.
AFP
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