Le Fonds monétaire international (FMI) a revu fortement à la baisse mardi ses prévisions de croissance pour la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, après la guerre opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël qui s'est étendue au Golfe.
Dans son dernier rapport sur l'économie mondiale, l'institution anticipe une croissance de 1,1% en 2026, contre 3,2% en 2025, la région ayant subi «l'impact le plus direct du conflit».
Elle tablait sur +3,9% dans son estimation précédente, publiée en janvier.
Après l'offensive israélo-américaine contre l'Iran lancée le 28 février, Téhéran a riposté en ciblant les bases américaines dans le Golfe mais aussi les infrastructures, raffineries pétrolières, complexes gaziers et usines pétrochimiques.
Le blocage du détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour les exportations d'hydrocarbures, prive également les monarchies de la région de revenus essentiels.
Le ralentissement attendu dans ces pays varie «selon l'ampleur des dégâts subis par les infrastructures énergétiques et de transport, ainsi que le degré de dépendance au détroit d'Hormuz et la disponibilité de routes d'exportation alternatives», souligne le FMI.
Le coup de frein devrait donc être «plus prononcé pour Bahreïn, l'Iran, l'Irak, le Koweït et le Qatar, et moins significatif pour Oman, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis», ajoute-t-il.
L'Iran, qui a subi des semaines de bombardements intensifs, devrait voir son produit intérieur brut (PIB) se contracter de 6,1% cette année (à comparer à une précédente estimation de croissance à 1,1%), tandis qu'au Qatar, dont le premier site de production de gaz naturel liquéfié a été fortement endommagé, l'activité économique devrait chuter de 8,6% en 2026.
Le PIB irakien devrait lui reculer de 6,8% cette année.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, résiste mieux grâce à son accès à la mer Rouge, lui permettant de contourner le détroit d'Ormuz. La croissance de la plus grande économie de la région est attendue à 3,1% en 2026, contre +4,5% anticipés auparavant.
Après cette année noire, un rebond se profile en 2027 dans l'ensemble de la région, «en partant de l'hypothèse que la production et le transport d'énergie se normaliseront au cours des prochains mois», estime le FMI, alors qu'un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril.
Mais ce scénario optimiste pourrait être revu «si la durée du conflit se prolonge et si l'ampleur des dommages subis est réévaluée», prévient-il.
Les pays importateurs de la région, eux, sont indirectement affectés, notamment par la hausse des prix de l'énergie et autres produits de base, selon l'organisation basée à Washington. En Egypte, la croissance devrait ainsi se situer à 4,2% en 2026 (au lieu de +4,7% attendus précédemment).
AFP
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