Après des semaines de guerre, les Iraniens s’accrochaient à l’espoir que les négociations engagées avec les Américains fassent taire les armes. Leur échec, dimanche, les plonge dans l’angoisse et l’anticipation d’un affrontement durable.
«Je voulais vraiment qu’ils fassent la paix», affirme à l’AFP Mahsa, une trentenaire qui travaille pour une société d’exportation dans la capitale iranienne. «Cela fait maintenant presque 45 jours que je vois tout le monde stressé. Nous sommes vraiment dans une mauvaise situation».
Annoncé dimanche, l’échec des négociations marathon directes engagées samedi à Islamabad a douché ses espoirs, comme ceux de nombre de ses compatriotes, et laisse planer le doute sur le respect du cessez-le-feu de deux semaines convenu le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.
Si la capitale semble vivre une journée quasi normale, avec des passants et des voitures dans les rues et la plupart des commerces ouverts, elle tourne toutefois un peu au ralenti.
Dans cet attentisme, Hamed, 37 ans, anticipe déjà une reprise des hostilités. «J’aurais préféré la paix, mais je pense qu’il n’y a pas d’autre voie que la guerre et l’affrontement», affirme-t-il.
«D’après ce que je vois et ce que j’entends, malheureusement nous retournons en guerre et il semble que nous allions vers une longue guerre», ajoute-t-il, en l’absence dans l’immédiat de toute information sur une possible reprise des pourparlers.
Manque total d’espoir
Entre-temps, le président Donald Trump a ordonné un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, s’attirant en retour la menace iranienne de s’y faire piéger dans un «tourbillon mortel».
Dénonçant le refus «intransigeant» de l’Iran de renoncer à ses ambitions nucléaires lors des pourparlers de paix à Islamabad, il a aussi réaffirmé être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord.
Un cauchemar pour Nahid, une femme au foyer de 60 ans, éreintée par des semaines de bombardements israélo-américains, dont l’impact psychologique dépasse les destructions matérielles.
«Nous ressentons un manque total d’espoir. Nous sommes fatigués de cette incertitude», déclare cette habitante de Téhéran.
Depuis le lancement de l’offensive d’Israël et des États-Unis le 28 février, jusqu’au fragile cessez-le-feu, de nombreux sites civils, notamment des écoles, des universités et des zones résidentielles, ont été bombardés.
L’Organisation de médecine légale iranienne a indiqué dimanche avoir identifié 3.375 personnes tuées depuis le début de la guerre.
Et quelques heures avant l’annonce du cessez-le-feu, à l’approche de l’expiration d’un ultimatum américain, Donald Trump avait menacé l’Iran d’un déluge de feu, avertissant qu’«une civilisation entière allait mourir».
«J’étais stressée jusqu’à trois heures du matin, quand ils allaient attaquer les infrastructures (...), personne n’a dormi cette nuit-là», se souvient encore Mahsa.
Farhad, un commerçant de 42 ans, s’avoue aussi déçu, bien qu’il s’attendait à l’échec des pourparlers. «Nous savions depuis le début que l’autre camp ne voulait pas trouver une issue» aux hostilités, tranche-t-il.
AFP
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