Les États-Unis et l'Iran échouent à trouver un accord
Le vice-président des États-Unis, JD Vance (à droite), s’exprime lors d’une conférence de presse après avoir rencontré des représentants du Pakistan et de l’Iran, tandis que Jared Kushner (à gauche), gendre du président américain Donald Trump, et Steve Witkoff (au centre), envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, observent, à Islamabad, le 12 avril 2026. ©JACQUELYN MARTIN / POOL / AFP

Les États-Unis et l'Iran ont échoué à trouver un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au terme de négociations marathon à Islamabad, a annoncé dimanche le vice-président américain JD Vance, qui rentre aux États-Unis après avoir fait, selon lui, une «offre finale et la meilleure possible» à l'Iran.

Médiateur dans ces discussions de plus de 20 heures, le Pakistan a rapidement appelé à ce que le cessez-le-feu de deux semaines reste observé, malgré cet échec à trouver un accord de trêve durable.

Mais personne ni côté américain ni côté iranien ne s'est exprimé sur la poursuite ou non de cette trêve, la première dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran, qui a fait des milliers de morts dans la région et se poursuit au Liban.

«Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord», a déclaré M. Vance lors d'une brève conférence de presse à Islamabad, où Américains et Iraniens négociaient depuis samedi, à un niveau inédit entre les deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979.

«Je pense que c'est une mauvaise nouvelle pour l'Iran bien plus que ce ne l'est pour les États-Unis d'Amérique», a-t-il considéré.

Le vice-président américain a déploré l'absence de «promesse ferme» de Téhéran pour un abandon de son programme d'armement nucléaire, exigence clé du président américain Donald Trump depuis le déclenchement du conflit qui a ébranlé l'économie mondiale.

«Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l'acceptent», a-t-il ajouté, avant de rapidement remonter dans son avion et quitter le Pakistan.

L'Iran a confirmé la fin des discussions, attribuant leur échec aux «demandes déraisonnables» des États-Unis, selon la télévision d'État iranienne.

«Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session (de négociations). Personne ne s'y attendait», a déclaré dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, évoquant «une atmosphère de suspicion et de méfiance».

Pas d’«engagement formel» de Téhéran

Côté américain, JD Vance était accompagné par l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump. L'Iran était notamment représenté par son influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ainsi que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à la tête d'une délégation de quelque 70 personnes.

Le vice-président américain a laissé entendre qu'il accordait encore du temps à l'Iran pour examiner l'offre des États-Unis.

«Le fait est simplement que nous avons besoin d'un engagement formel de leur part, par lequel ils ne chercheront pas à se doter d'une arme nucléaire et qu'ils ne chercheront pas à se procurer les moyens qui leur permettraient d'en fabriquer une rapidement», a déclaré M. Vance. «La question est simple: voyons-nous un engagement fondamental de la part des Iraniens à ne pas développer d'arme nucléaire – pas seulement aujourd'hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme? Nous n'avons pas encore vu cela. Nous espérons le voir», a-t-il poursuivi.

Si JD Vance a placé la question du nucléaire au coeur de l'échec des discussions, il n'a pas fait mention explicitement du détroit d'Ormuz lors de sa conférence de presse.

Ce passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe, est de facto bloqué depuis le début du conflit par l'Iran, avec des conséquences en cascade sur l'économie mondiale, entre pénuries et hausses de prix.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne a lui évoqué «la complexité des problèmes et des conditions entourant les négociations».

«Lors de ce cycle, de nouveaux sujets ont été ajoutés, notamment la question du détroit d’Ormuz et les dossiers régionaux, chacun avec ses propres conditions et considérations spécifiques», a ajouté Esmaeil Baqaei.

L'armée américaine a affirmé samedi que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit dans une opération préalable à son déminage. «On balaye le détroit», a renchéri Donald Trump, auprès de la presse.

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont eux averti tôt dimanche qu'ils agiraient avec «sévérité» contre les navires militaires transitant par le détroit.

«Cela m'est égal» si un accord est conclu ou non avec l'Iran, a également affirmé samedi Donald Trump, alors que les discussions étaient encore en cours au Pakistan.«Nous les avons vaincus militairement, avait-il assuré.

AFP

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