Iran/États-Unis: près d'un demi-siècle de relations conflictuelles
Le vice-président américain JD Vance marche avec le chef des forces de défense et chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, et le vice-Premier ministre et ministre pakistanais des Affaires étrangères Mohammad Ishaq Dar, après son arrivée pour des discussions avec des responsables iraniens à Islamabad, le 11 avril 2026. ©JACQUELYN MARTIN / POOL / AFP

L'Iran et les États-Unis, qui doivent entamer samedi à Islamabad des négociations après six semaines de guerre, entretiennent des relations conflictuelles depuis la Révolution islamique de 1979 et la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran.

Si le vice-président JD Vance, qui mène la délégation américaine, rencontrait des responsables iraniens, il s'agirait de la réunion en personne à plus haut niveau entre les deux pays en près d'un demi-siècle.

Prise d'otages à l'ambassade 

Le 4 novembre 1979, sept mois après la proclamation de la République islamique d'Iran, des étudiants islamistes prennent d'assaut l'ambassade, exigeant l'extradition de l'ex-chah Mohammad Reza Pahlavi, renversé après des mois de manifestations et soigné aux États-Unis.

Cinquante-deux diplomates et employés sont retenus en otage pendant 444 jours.

En avril 1980, neuf mois avant leur libération, Washington rompt les relations diplomatiques et impose un embargo commercial.

«Axe du mal» 

Le 30 avril 1995, Washington annonce un embargo commercial et financier total contre l'Iran, accusé par le président Bill Clinton de soutenir le terrorisme. Des sanctions sont ensuite imposées contre les sociétés investissant dans les secteurs pétrolier ou gazier iraniens.

En 2002, le président George W. Bush place l'Iran parmi trois pays formant un «axe du mal» soutenant le «terrorisme» (avec l'Irak et la Corée du Nord).

Accord historique 

En 2005, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad relance l'enrichissement d'uranium, Téhéran affirmant développer le nucléaire pour des besoins civils.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) fait état, en 2011, d'informations «crédibles» selon lesquelles l'Iran a mené des activités liées au développement d'un «engin nucléaire explosif», dans le cadre d'un «programme structuré» avant 2003.

Le 15 juin 2013, les États-Unis, sous Barack Obama, se disent «prêts à collaborer directement» avec le nouveau président, Hassan Rohani. En septembre, MM. Obama et Rohani se parlent au téléphone, une première depuis 1979.

Le 14 juillet 2015, Téhéran et six grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne) concluent à Vienne un accord visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, en échange d'un allègement des sanctions internationales. Le pacte est entériné par l'ONU la même année.

Trump dénonce l'accord 

Le 8 mai 2018, lors de son premier mandat, le président Donald Trump annonce le retrait unilatéral des États-Unis de ce pacte, suivi d'un rétablissement de sanctions. Un an plus tard, l'Iran commence à s'affranchir de certains engagements.

Les efforts diplomatiques internationaux étant restés par la suite infructueux, les sanctions de l'ONU sont rétablies le 28 septembre 2025, et l'accord expire officiellement le mois suivant.

Le général Soleimani tué 

Le 3 janvier 2020, le puissant général iranien Qassem Soleimani est tué dans une frappe américaine à Bagdad. Donald Trump assure qu'il préparait des attaques «imminentes» contre des diplomates et militaires américains. En représailles, l'Iran lance des missiles contre des bases abritant des soldats américains en Irak.

Frappes américaines 

Lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne inédite contre l'Iran, les États-Unis lancent le 21 juin 2025 des frappes contre trois importants sites nucléaires iraniens.

Donald Trump assure qu'ils ont été «anéantis», mais l'étendue précise des dégâts n'est pas connue.

Guerre au Moyen-Orient 

Après un vaste mouvement de contestation déclenché fin décembre 2025, Donald Trump menace plusieurs fois de frapper l'Iran en réponse à la répression sanglante.

Début février, les deux pays reprennent des sessions de pourparlers indirects, via une médiation omanaise. Washington réclame un accord dépassant le seul programme nucléaire iranien pour englober aussi les capacités balistiques, ce que Téhéran rejette.

Le 28 février, Donald Trump annonce que les États-Unis ont lancé avec Israël des «opérations de combat majeures», qui tuent dès le premier jour le guide suprême Ali Khamenei et visent au cours des semaines suivantes les dirigeants et infrastructures militaires et nucléaires de l'Iran.

L'Iran riposte en frappant Israël et les pays du Golfe, notamment les installations d'hydrocarbures, et en bloquant quasi totalement le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.

Le 8 avril, un cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran entre en vigueur.
 

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire