Avec la fermeture des routes menant au Sud, en direction de Nabatiyé, les habitants de Kfarwa n’ont désormais d’autre choix que de se tourner vers le Nord, vers Saïda, distante d’environ 25 kilomètres, pour se procurer médicaments, soins médicaux et produits de première nécessité. Une réalité qui alourdit considérablement le quotidien, en particulier pour les personnes âgées et les familles nécessitant un suivi médical régulier.
Au cœur du Sud, là où la géographie se mêle à l’angoisse du quotidien, le village de Kfarwa refuse de céder face à l’adversité. Cette petite localité du caza de Nabatiyé, autrefois réputée pour son calme et sa simplicité de vie, se retrouve aujourd’hui en première ligne, après avoir fait l’objet d’avertissements israéliens directs.
Malgré cela, Kfarwa conserve son âme. Plus qu’un simple point sur la carte, ce village incarne un espace de résistance humaine, où ses habitants s’accrochent à leur terre, refusant de la quitter, même dans les moments les plus sombres.
Situé entre les localités de Zefta et Deir el-Zahrani, et s’étendant en partie le long de la route principale Nabatiyé–Saïda, Kfarwa est niché à l’intérieur des terres, près d’une vallée non loin du fleuve Zahrani. Ce cadre, autrefois synonyme de quiétude et de beauté naturelle, est aujourd’hui en proie à des contraintes supplémentaires, notamment en raison de l’isolement et des difficultés de déplacement.
Selon des informations recueillies par Houna Loubnan, les résidents varient actuellement entre 60 et 70 personnes. Toutefois, de nombreux habitants travaillant à Beyrouth veillent à y revenir durant les week-ends, insufflant ainsi un semblant de vie malgré les circonstances.
Kfarwa avait déjà été mentionné dans une alerte générale visant les villages situés au sud du fleuve Zahrani. Mais le tournant le plus inquiétant est survenu le 6 avril, lorsque le village a été explicitement désigné dans un avertissement direct, le propulsant de plein fouet dans la zone de danger.
Cela a profondément affecté la vie locale. Les villages voisins ont été évacués, laissant Kfarwa dans un isolement quasi total, avec des difficultés croissantes pour assurer les besoins essentiels, selon les témoignages des habitants.
Face à la fermeture des routes menant vers Nabatiyé, les habitants sont contraints de se rendre à Saïda, à 25 kilomètres de là, pour se procurer médicaments, soins médicaux et provisions. Une contrainte lourde, en particulier pour les personnes âgées et les familles nécessitant un suivi médical régulier.
Malgré tout, les habitants continuent de s’adapter, s’appuyant sur la solidarité interne et sur des initiatives locales qui atténuent partiellement les effets de l’isolement.
Dans ce contexte, la municipalité joue un rôle central, assurant un suivi permanent des besoins de la population. Elle veille à la distribution du pain, de l’eau et de l’électricité, tout en recensant les habitants, notamment les déplacés, et en coordonnant ses actions avec les autorités compétentes.
Le curé de la paroisse se distingue également par ses efforts pour mobiliser l’aide, en collaboration avec des associations libanaises et internationales, dont l’Œuvre d’Orient et l’ambassade du Vatican, afin de permettre aux habitants de rester sur leurs terres.
Malgré les épreuves, Kfarwa revendique son caractère pacifique. Le village n’a connu aucune activité militaire et n’a jamais été partie prenante dans les tensions. La revendication de ses habitants est claire: vivre en sécurité, sous l’autorité de l’État libanais, loin de tout conflit.
Aujourd’hui, les habitants de Kfarwa, qu’ils y résident en permanence ou qu’ils y reviennent les week-ends, affrontent la peur avec détermination. Leur demande est simple: du soutien, une voix pour relayer leur souffrance, et l’accompagnement nécessaire pour continuer à vivre sur leur terre.



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