Malgré l’escalade militaire israélo-américaine contre l’Iran, les monnaies des pays du Golfe affichent une stabilité remarquable, malgré de fortes fluctuations sur les marchés mondiaux. Cette résilience s’explique principalement par leur arrimage au dollar, qui limite leur exposition aux variations internationales, et par l’importance des réserves de change des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui renforcent leur capacité à faire face aux crises.
Une résistance notable malgré la volatilité mondiale
Selon des experts de plusieurs institutions économiques occidentales, le riyal saoudien, le dirham émirati, le dinar koweïtien ainsi que les riyals qatari, omanais et bahreïni ont maintenu une solide résistance au cours des deux dernières semaines. À l’inverse, certaines devises de marchés émergents ont enregistré des baisses de l’ordre de 5% depuis le début du conflit, d’après un rapport Bloomberg du 25 mars.
Les facteurs de stabilité
Cette résilience repose sur plusieurs piliers:
- Arrimage au dollar: il protège les monnaies des fluctuations des taux de change et facilite le commerce extérieur, principalement libellé en dollars ou en devises principales.
- Réserves de change massives: les pays du CCG disposent de plusieurs trillions de dollars pour défendre leur monnaie et gérer les pressions économiques.
- Politiques monétaires prudentes: les banques centrales adoptent des mesures qui renforcent la confiance des marchés, malgré la hausse des prix du pétrole et les risques inflationnistes.
Le Koweït constitue une exception notable: son dinar est indexé sur un panier de devises afin de limiter l’inflation importée et de préserver le pouvoir d’achat. Cette stratégie a permis au dinar de conserver sa valeur même lors de périodes exceptionnelles – comme pendant l’invasion irakienne –, et de rester l’une des monnaies les plus solides au monde.
Une circulation limitée qui protège les devises
La faible utilisation des monnaies du Golfe à l’échelle mondiale contribue également à leur stabilité. Elles sont surtout employées au sein des économies régionales et pour les transferts financiers, tandis que le commerce extérieur dépend du dollar et des principales devises.
Des économies exposées mais flexibles
Cette stabilité ne signifie pas que les économies du Golfe sont à l’abri de toutes les pressions. Elles restent confrontées aux perturbations des exportations, à la hausse des dépenses de défense et aux replis potentiels des marchés financiers, bien que ces derniers aient été moins marqués que sur certains marchés asiatiques.
Les analyses de l’Atlantic Council – un groupe de réflexion américain spécialisé dans les affaires internationales – soulignent que les fonds souverains et les réserves financières offrent une grande flexibilité pour absorber les chocs géopolitiques et maintenir la stabilité monétaire. Cependant, toute prolongation ou intensification du conflit pourrait accentuer les pressions, notamment via la hausse du pétrole au-delà de 100 dollars le baril ou des perturbations logistiques.
Le rôle du FMI et les perspectives à venir
Le Fonds monétaire international (FMI) examine des scénarios de soutien aux pays affectés par la guerre, ce qui reflète la confiance des marchés dans les économies du Golfe. Tant que l’inflation reste maîtrisée et que l’arrimage au dollar est maintenu, les monnaies régionales devraient continuer à bénéficier d’une stabilité relative, offrant aux pays du Golfe une capacité renforcée à faire face aux défis futurs.




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