Frappes de précision en hausse: Israël intensifie ses opérations
Des civils et des équipes de premiers secours se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes qui ont visé la zone de Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. ©IBRAHIM AMRO / AFP

Alors que les tensions persistent au Liban, un changement notable s’impose dans la conduite des opérations militaires israéliennes: la multiplication des frappes ciblées, aussi bien dans le sud que jusqu’à la capitale. Cette évolution soulève de nombreuses interrogations sur les logiques militaires et les risques d’escalade.

Des frappes guidées par le renseignement en temps réel

Selon le général Khalil Gemayel, interrogé par Ici Beyrouth, ces opérations répondent avant tout à une logique de précision extrême. «De manière générale, les frappes sans avertissement visent une personne ou un groupe spécifique faisant l’objet d’un suivi sécuritaire et de renseignement précis.», explique-t-il. L’objectif n’est plus la destruction massive, mais l’élimination ciblée.

Cette évolution repose largement sur des capacités avancées en matière de renseignement. «Depuis le début de la guerre de soutien à Gaza en 2023, puis après l’accord de cessation des hostilités en 2024, jusqu’au conflit actuel, il est certain que lorsqu’Israël obtient des informations fiables sur une cible qu’il souhaite éliminer, il saisit immédiatement l’opportunité sans hésitation et frappe où qu’elle se trouve, avec une grande précision, en particulier dans les zones libanaises qu’il considère comme non favorables au Hezbollah.

Dans ces cas, une seule pièce ou un appartement précis est visé afin de réduire autant que possible les dommages collatéraux», précise-t-il. Le recours à l’intelligence artificielle, aux dispositifs électroniques et aux outils de surveillance permet ainsi une identification rapide et efficace des cibles, notamment lorsque celles-ci utilisent des téléphones portables.

Des réalités différentes

Une distinction significative demeure entre les opérations menées dans le sud et celles conduites dans le reste du pays. «Il existe une grande différence dans le mode et la méthode de ciblage entre le sud et la banlieue sud de Beyrouth, d’une part, et les autres régions du Liban, d’autre part. Dans les zones considérées par Israël comme extérieures à l’environnement du Hezbollah, les frappes ne sont menées qu’après confirmation de la cible et sont précises et ponctuelles, sans avertissement, tandis que des bâtiments entiers sont détruits dans les autres zones.»

Le sud, en grande partie vidé de ses habitants, offre un environnement opérationnel différent.

À Beyrouth, en revanche, la densité urbaine rend chaque frappe potentiellement plus sensible et plus risquée sur les plans humanitaire et politique.

Vers une escalade inévitable?

Malgré l’intensification des frappes, le général Khalil Gemayel estime que la logique globale du conflit reste inchangée. «Israël suit les cibles qu’il prévoit d’éliminer à l’aide de divers moyens de renseignement et de technologies, et une seule erreur de la cible peut suffire à lui offrir une opportunité.», rappelle-t-il, évoquant également le coût élevé des missiles utilisés.

Souvent lancées depuis la mer, ces opérations traduisent une volonté de limiter les risques tout en maintenant une pression constante.

Reste que cette dynamique alimente un climat d’insécurité croissant. Si aucune rupture stratégique majeure n’est encore observable, la multiplication des frappes sans avertissement pourrait, à terme, accroître les tensions et ouvrir la voie à une escalade plus large.

 

Commentaires
  • Aucun commentaire