L'Indonésie juge «inacceptable» l'explosion qui a blessé trois Casques bleus
Des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) observent des ouvriers déblayer les décombres d’un site visé par une frappe aérienne israélienne durant la nuit, dans le village d’Et Taybeh, au sud du Liban, le 7 novembre 2025. ©Rabih Daher / AFP

Jakarta a qualifié samedi d'«inacceptable» l'explosion qui a blessé trois Casques bleus indonésiens au Liban, avant l'arrivée des corps de trois autres Casques bleus indonésiens tués quelques jours plus tôt au Liban où Israël et le Hezbollah s'affrontent.

«Les attaques ou incidents répétés de ce type sont inacceptables», a déclaré le ministère indonésien des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Il s'agit d'une mission de maintien de la paix. De tels incidents ne devraient pas se produire», a dénoncé le ministre indonésien des Affaires étrangères, Sugiono, auprès des journalistes à l'aéroport. «Il faut garantir la sécurité des soldats de la paix».

Après leur arrivée à Jakarta samedi, les cercueils des trois Casques bleus recouverts du drapeau indonésien ont été transportés sur les épaules de militaires en uniforme dans un hall de l'aéroport international pour une cérémonie en présence du président Prabowo Subianto.

Les membres de leurs familles pleuraient près des cercueils, devant des photos des soldats tués les 29 et 30 mars dans le sud du Liban.

Prabowo Subianto a salué chaque portrait et a serré les mains des proches endeuillés, certains pleurant à chaudes larmes.

Les trois hommes tués seront inhumés dimanche.

Selon la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), l’explosion de vendredi s'est produite à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse, blessant les trois Casques bleus transportés d'urgence à l'hôpital.

Deux d'entre eux sont grièvement blessés.

Le Centre d'information des Nations unies (CINU) à Jakarta a confirmé qu'ils étaient tous Indonésiens et que «l'origine de l'explosion» était inconnue.

«Quelle qu'en soit la cause, ces événements soulignent le besoin urgent de renforcer la protection des forces de maintien de la paix de l'ONU dans un contexte de conflit de plus en plus dangereux», a ajouté le ministère indonésien des Affaires étrangères.

Jakarta a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à enquêter sur ces événements et «à convoquer immédiatement une réunion des pays contributeurs de troupes à la Finul afin de mener un examen et de prendre des mesures pour renforcer la protection du personnel servant au sein de la Finul».

La Finul sert de force de maintien de la paix entre Israël et le Liban depuis 1978 mais se retrouve sous le feu croisé de l'armée israélienne et du Hezbollah.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et la formation pro-iranienne, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire