Un porte-conteneur CMA CGM et un méthanier japonais ont passé jeudi le détroit d'Ormuz pour la première fois depuis sa quasi-fermeture par l'Iran après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, selon des données de suivi maritime consultées vendredi par l'AFP.
Le Kribi, porte-conteneur sous pavillon maltais du groupe français de transport maritime CMA CGM, a traversé le détroit d'ouest en est jeudi dans l'après-midi et se trouvait vendredi matin au large de Mascate, diffusant le message «owner France» («propriétaire français») au lieu d'une destination.
Le bateau est passé au nord de l'île de Larak, proche des côtes iraniennes, selon les données de MarineTraffic, en empruntant une route maritime apparemment autorisée par les Gardiens de la Révolution, qui ont mis en place un système d'enregistrement de «navires approuvés» qui doivent verser une somme conséquente.
Les rares navires commerciaux transitant via le détroit d'Ormuz récemment sont passés à proximité de Larak, mais trois pétroliers, dont un codétenu par une entreprise japonaise, sont passés jeudi par le sud, près de la péninsule omanaise de Moussandam. Une première en près de trois semaines, selon la revue spécialisée dans l'information maritime Lloyd's List.
Les trois navires revendiquaient être des bateaux omanais («OMANI SHIP») dans le message diffusé par leur transpondeur lors du franchissement du détroit. Le Sohar LNG, méthanier vide codétenu par l'armateur japonais Mitsui OSK, est le premier navire japonais à être sorti du Golfe depuis le début de la guerre, selon un communiqué de l'entreprise.
Trafic maritime limité
Le New Vision, dernier pétrolier ayant traversé le détroit le 1er mars juste avant sa quasi-fermeture, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, est lui attendu au Havre samedi soir.
Depuis, seuls 221 navires de transport de pétrole, gaz ou autres matières premières ont traversé le détroit pour entrer ou sortir du Golfe entre le 1er mars et ce vendredi matin, selon une analyse de l'AFP à partir des données de Kpler.
Au total, près de six traversées sur dix ont impliqué des bateaux venant d'Iran ou s'y rendant.
Les autres pays de départ ou destination arrivent loin derrière, dans l'ordre du nombre de traversées: Émirats arabes unis, Chine, Inde, Arabie saoudite, Oman, Brésil, Irak.
Parmi les 118 traversées de bateaux transportant une cargaison, 37 transportaient du pétrole brut et tous sortaient du Golfe.
La plupart de ces pétroliers (30) provenaient d'Iran ou battaient pavillon iranien. Ces navires voguaient pour la plupart vers une destination inconnue.
Les rares bateaux transportant du pétrole iranien ayant renseigné leur destination se rendaient, à une exception près, en Chine.
L'Iran a quasiment fermé le détroit d'Ormuz depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, qui ont déclenché le conflit et provoqué une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz. En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par ce détroit.
AFP
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