Liban-Israël: une guerre, deux mondes
©Ici Beyrouth

En Israël, quand un missile est tiré depuis l’Iran ou le Liban, ou le Yémen… les sirènes retentissent. Précisément. Dans le quartier exact où l’engin est censé tomber. Le système fonctionne. Les gens descendent aux abris. 90% des projectiles sont interceptés. Le ciel est truffé de fer et d’électronique militaire. C’est stressant, c’est traumatisant, les psychologues travaillent à plein régime, mais les gens survivent.

Au Liban, il y a aussi un système d’alerte. Il s’appelle le porte-parole de l’armée israélienne. C’est lui qui prévient... Sur les réseaux sociaux. En arabe. C’est le seul mécanisme de prévention civile dont dispose la population. Pas de sirènes. Pas d’intercepteurs. Pas d’Iron Dome. Rien. Le moindre caillou lancé depuis un avion fait mouche à tous les coups. Parce qu’il n’y a rien pour l’arrêter. Contrairement aux affirmations et effets de manche ridicules de la milice pro-iranienne. 

Pour autant le Hezbollah ne reste pas les bras croisés. Non. Ses miliciens ont trouvé une parade. Magistrale. Dès qu’une alerte circule, ils sortent leurs kalachnikovs et tirent des centaines de rafales en l’air. Pour avertir la population, paraît-il. Ou peut-être pour faire du bruit. Ou pour se donner l’illusion de riposter. Le problème, c’est que les balles, elles, redescendent. Et qu’en redescendant, elles blessent des civils. La milice illégale «protège» le peuple en le criblant de plomb. Ajoutant de la violence à la violence, de la peur à la peur.

Mais le meilleur reste à venir. Sur les réseaux sociaux, la propagande de la milice tourne à plein régime. Certains n’ont toujours pas compris ou ne veulent pas comprendre le vrai rapport de force. Comme ce sympathisant de la milice des «divines victoires» qui a annoncé fièrement la destruction du «centième char israélien». Centième. Il comptait. Il était fier. Le porte-parole de l’armée israélienne lui a répondu, directement, nominativement, sans ménagement. Que ses «chars détruits» n’existaient que dans sa tête et sur son fil Facebook. En concluant par «espèce de clown».
Voilà donc le tableau. D’un côté, une des armées les plus puissantes du monde. De l’autre, des miliciens, coqs en pâte de quartier, gonflés de chimères, qui tirent en l’air en blessant leurs propres concitoyens, et des combattants du clavier qui comptent des chars fantômes. 

Le Liban mérite mieux que ça. Infiniment mieux. Il mérite un État. Une armée équipée, des sirènes qui sonnent pour protéger. 

Mais pour ça, il faudrait que le Hezbollah soit libanais. Il ne l’est pas. Il est iranien. Financé et commandé par Téhéran. Le Liban, lui, n’est que le décor. Et les Libanais, les figurants qu’on blesse en tirant en l’air.

La preuve ultime? L’ambassadeur d’Iran est toujours là. Le gouvernement libanais l’a déclaré persona non grata. Il a reçu son ordre d’expulsion. En bonne et due forme. Et il a refusé de partir. Confortablement retranché derrière l’extraterritorialité de son ambassade, ce droit international que Téhéran respecte scrupuleusement quand ça l’arrange, et piétine allègrement partout ailleurs.
Un ambassadeur qu’on ne peut pas expulser. Des miliciens qu’on ne peut pas désarmer. Des balles qui retombent sur des civils. Bienvenue au Liban. Province iranienne. Entrée libre.

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