Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a appelé jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU à donner son feu vert à l'usage de la force pour libérer le détroit d'Ormuz, à la veille du vote attendu du Conseil sur ce dossier.
«L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains», a dénoncé Jassem Al-Budaiwi lors de la première réunion du Conseil de sécurité sur la coopération avec le CCG, qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.
«Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale», a-t-il insisté à New York.
Ces déclarations interviennent alors que les 15 membres du Conseil discutent depuis dix jours d'un projet de résolution porté par le Bahreïn pour autoriser l'usage de la force pour libérer le détroit d'Ormuz bloqué par l'Iran.
Une idée, soutenue par les Etats-Unis, qui ne fait pas l'unanimité.
Après de multiples révisions, la sixième et dernière version du texte, vue par l'AFP jeudi, est le résultat d'un compromis destiné à convaincre en particulier la France, la Russie et la Chine de lever leurs objections.
Avant l'issue des négociations, le président français Emmanuel Macron s'était montré sceptique jeudi matin sur une opération militaire pour «libérer» le détroit, la jugeant «irréaliste».
Mais le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou coalition d'Etats à utiliser tous les moyens «défensifs» nécessaires pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.
Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.
«Dans le contexte actuel, autoriser les Etats membres à utiliser la force reviendrait à légitimer l'utilisation illégale et indiscriminée de la force, ce qui mènerait inévitablement à une nouvelle escalade», a déclaré l'ambassadeur chinois Fu Cong, tandis que la Russie, alliée de longue date de Téhéran, a dénoncé un texte «partial».
Le vote est désormais prévu vendredi matin, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources diplomatiques.
L'adoption de la résolution «reflètera l'unité de la communauté internationale pour faire face aux menaces contre l'une des voies maritimes les plus vitales pour le commerce mondial et la sécurité énergétique», a déclaré Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, qui préside le Conseil de sécurité en avril.
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, la quasi-paralysie par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale, ainsi que du gaz naturel liquéfié, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures à travers le monde.
AFP



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