Pour le président iranien, cibler des infrastructures énergétiques relève d'un «crime de guerre»
Le président iranien Massoud Pezeshkian s’exprime lors du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 24 septembre 2025. ©Timothy A. Clary / AFP

Le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé mercredi que les attaques israélo-américaines contre les infrastructures énergétiques de son pays constituaient «un crime de guerre», dans une lettre ouverte adressée au peuple américain avant une allocution attendue du président Donald Trump.

Après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient, le président Trump affirme que l'Iran réclame un cessez-le-feu, ce que le pouvoir iranien a démenti.

Déclenchées par une offensive d'Israël et des États-Unis contre Téhéran le 28 février, les frappes se succèdent de part et d'autre au Moyen-Orient, visant notamment des sites énergétiques.

«Attaquer les infrastructures vitales de l'Iran, y compris ses installations énergétiques et industrielles, revient à viser directement le peuple iranien», a écrit le président iranien.

«Au-delà de constituer un crime de guerre, de telles actions ont des conséquences qui s'étendent bien au-delà des frontières iraniennes. Elles génèrent de l'instabilité, augmentent les pertes humaines et les coûts économiques et perpétuent des cycles de tension, en semant les graines d'un ressentiment qui perdurera pendant des années», a averti Massoud Pezeshkian dans sa lettre, publiée sur son site internet.

«Ce n'est pas une démonstration de force; c'est le signe d'une désorientation stratégique et de l'incapacité à parvenir à une solution durable», a-t-il aussi jugé.

En représailles aux frappes sur son territoire, l'Iran vise Israël, mais dit aussi cibler des intérêts américains dans le Golfe voisin. Là, des sites énergétiques (pétroliers, gaziers...) ont aussi été touchés.

Dans sa lettre, le président iranien accuse en outre Israël d'avoir «manipulé» les États-Unis pour les entraîner dans la guerre, ce que Donald Trump a nié.

«N'est-il pas vrai qu'Israël, en fabriquant une menace iranienne, cherche à détourner l'attention du monde de ses crimes envers les Palestiniens?», a écrit M. Pezeshkian . «Le credo, L'Amérique d'abord, figure-t-il vraiment parmi les priorités du gouvernement des États-Unis aujourd'hui?»

Le président américain a exclu toute trêve sans réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Moyen-Orient et dont le blocage par l'Iran déstabilise l'économie mondiale.

Il doit faire un discours prévu 21H00 (01H00 GMT jeudi), une première allocution à la nation depuis le début des hostilités.

AFP

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