Liban-Sud: un soldat israélien tué, combats intenses
Raid israélien à Seddiqine (caza de Tyr), le 26 mars 2026. ©Réseaux sociaux

La guerre s’intensifie au Liban-Sud. L’armée israélienne annonce la mort d’un soldat de la brigade Golani, tandis que les combats au sol s’étendent et que la pression s’accentue sur plusieurs localités frontalières, où la situation humanitaire se dégrade rapidement.

Les frappes israéliennes ont tué depuis le 2 mars 1.094 personnes, dont 121 enfants, fait plus de 3.000 blessés et plus d'un million de déplacés, selon le ministère de la Santé.

Escalade militaire et pertes humaines

L’armée israélienne a confirmé jeudi que les combats au sud du Liban ont coûté la vie à un soldat de la brigade Golani, dans la nuit de mercredi, dans un contexte d’intensification des opérations terrestres.

«Le sergent-chef Ouri Grinberg, 21 ans (...) est tombé au combat dans le sud du Liban» annonce le communiqué de l'armée.

Ce décès porte à trois le nombre de soldats israéliens tués au Sud-Liban depuis le 2 mars, date de la reprise des hostilités avec le Hezbollah libanais. Israël a annoncé son intention de réoccuper la zone au sud du fleuve Litani pour y rétablir une zone tampon sécuritaire.

Sur le terrain, deux morts ont été signalés jeudi dans une frappe israélienne ayant visé un immeuble résidentiel et commercial dans le quartier al-Ma‘aqil à Kfar Remmane (Nabaityé).

Des frappes israéliennes ont aussi été rapportées à Siddiqine, Bint Jbeil, Jbal el-Botm, Chacra et Majdalzoun tandis que des bombardements d’artillerie ont touché Khiam, Wadi el-Slouqi et Wadi el-Houjeir.

De son côté, le Hezbollah affirme avoir mené plusieurs attaques ciblées, notamment contre le quartier général du commandement nord de l’armée israélienne près de Safed, ainsi que contre le site d’al-Abbad en face de Houla. Le mouvement dit également avoir visé des chars israéliens et s’être engagé dans des combats rapprochés à Deir Seryane, évoquant des pertes confirmées dans les rangs adverses.

Israël revendique des frappes massives contre le Hezbollah

L’armée israélienne affirme avoir intensifié ses opérations contre le Hezbollah, revendiquant plus de 2.000 cibles frappées et la mort d’environ 700 combattants, dont plusieurs centaines issus de la force d’élite Radwan.

Elle assure poursuivre un «approfondissement» de son offensive terrestre dans la zone frontalière, tout en accusant le Hezbollah de s’appuyer sur des ressources économiques locales et en pointant du doigt le rôle de l’Iran dans l’escalade.

Israël accuse également l’armée libanaise de ne pas avoir rempli sa mission de désarmement du Hezbollah au sud du pays, réaffirmant sa détermination à poursuivre les opérations jusqu’à neutralisation de la menace.

 

Selon l’armée israélienne, les opérations terrestres menées dans le sud du Liban par les forces des divisions 91 et 36, notamment la brigade Golani, ont permis de détruire plus de 350 cibles attribuées au Hezbollah et de tuer plus de 330 combattants, dont des dizaines issus de la force Radwan. Les troupes affirment également avoir démantelé près de 200 infrastructures supplémentaires et saisi d’importantes quantités d’équipements militaires – dispositifs de vision nocturne, gilets pare-balles, lanceurs, roquettes RPG, munitions, fusils Kalachnikov et mitrailleuses – utilisés pour planifier et mener des attaques contre les forces israéliennes. 

Debl sous pression, risque humanitaire croissant

Sur le plan humanitaire, la situation se détériore dans plusieurs localités du sud. À Debl, le président du conseil municipal, Akl Naddaf, a décrit une situation «dangereuse», notamment aux abords de la localité, où les forces israéliennes seraient positionnées.

Selon le maire, environ 1.700 habitants sont désormais regroupés au centre du village après avoir fui les périphéries. La localité est décrite comme assiégée, avec des difficultés d’accès aux denrées alimentaires et une absence de voies de sortie.

Les responsables locaux appellent à une intervention urgente des autorités libanaises, du Vatican et du patriarche pour éviter une catastrophe humanitaire et demandent à épargner la ville. Le maintien d’une présence de l’armée libanaise est également réclamé pour garantir un minimum de sécurité.

Hajjar à Saïda pour suivre la situation

Au Sérail de Saïda, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a réuni des responsables municipaux et des représentants des services de sécurité pour évaluer la situation. Il a affirmé que «tout le Liban est solidaire du Sud» et que l’État est mobilisé pour soutenir les populations affectées, qu’elles soient déplacées ou restées sur place.

Tout en reconnaissant les tensions, il a estimé que les incidents sécuritaires restaient «limités» à l’échelle nationale, assurant que les autorités interviennent «avec fermeté» lorsque nécessaire.

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