Frappes près de sites nucléaires au Moyen-Orient: le chef des droits de l'homme de l'ONU craint une «catastrophe absolue»
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’exprime lors d’une conférence de presse à Damas, le 15 janvier 2025. ©LOUAI BESHARA / AFP

Les frappes qui ciblent les zones proches de sites nucléaires en Iran et en Israël font courir le risque d'une «catastrophe absolue», a estimé mercredi le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk.

«Les récentes frappes de missiles à proximité de sites nucléaires en Israël et en Iran soulignent l'immense danger d'une nouvelle escalade; les États flirtent avec une catastrophe absolue», a-t-il affirmé dans un message vidéo à l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme sur les frappes iraniennes dans le Golfe.

Ce débat, tenu à la demande des six pays du Conseil de coopération du Golfe et de la Jordanie, porte sur «la récente agression militaire lancée par l'Iran contre Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (…) ciblant les civils et les infrastructures civiles, et ayant entraîné la perte de vies innocentes», selon son intitulé.

La guerre a éclaté le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran, qui a riposté en ciblant Israël et des pays du Golfe. Depuis, plusieurs frappes ont touché des sites nucléaires ou leurs environs en Iran et en Israël.

Au cours du week-end, l'Iran a visé un centre de recherche nucléaire à Dimona dans le sud d'Israël en riposte à une frappe contre un de ses complexes à Natanz (centre). Mardi, une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, sans faire de dégâts, selon l'organisation iranienne de l'énergie atomique.

«La situation est extrêmement dangereuse et imprévisible, et a engendré le chaos dans toute la région», a alerté M. Türk, estimant que la dynamique «complexe» du conflit «pourrait déclencher à tout moment de nouvelles crises nationales, régionales ou mondiales, avec des conséquences dramatiques pour les populations civiles et mondiales».

«Nous ne pouvons plus recourir à la guerre comme instrument des relations internationales», a-t-il exhorté.

Mardi, le président du Conseil des droits de l'homme, Sidharto Reza Suryodipuro, a indiqué avoir reçu une lettre de l'Iran, de la Chine et de Cuba demandant un autre débat urgent relatif à la «protection des enfants et des établissements d'enseignement dans les conflits armés internationaux», en référence au bombardement ayant selon Téhéran visé le 28 février une école à Minab, dans le sud du pays, faisant plus de 150 morts d'après le gouvernement iranien. Cette demande devait être examinée par le bureau du Conseil.

AFP

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