Les recours des demandeurs d'asile d'Iran et du Liban ont été suspendus par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) afin d'éviter le risque de rejet de leur demande, a annoncé mardi la juridiction française, expliquant attendre la stabilisation de la situation sécuritaire dans les deux pays.
La Cour, chargée de réexaminer les dossiers des déboutés de l'asile par l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr), a pris cette décision il y a «une dizaine de jours» au vu des événements en cours au Moyen et Proche-Orient, a précisé lors d'une conférence de presse son président, Thomas Andrieu.
Le droit européen prévoit notamment qu'il est possible d'accorder une mesure de protection à des demandeurs d'asile issus de zones en proie à une «violence aveugle. Il faut donc s'assurer que les personnes qui ont fait appel du rejet de leur demande par l'Ofpra ne peuvent pas obtenir l'asile pour ce nouveau motif, a-t-il expliqué.
Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran le 28 février, 1.029 personnes ont été tuées au Liban d'après le ministère libanais. Côté iranien, aucun bilan global n'a été récemment publié, mais l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, avait recensé le 21 mars au moins 3.230 morts, dont 1.406 civils.
La CNDA, plus importante juridiction administrative en nombre d'audience (5.340 en 2025) a entendu près de 38.000 requérants et rendu 53.086 décisions en 2025, dont 10.201 dans ses sept chambres territoriales nouvellement créées, dans un délai moyen de cinq mois environ.
Le taux moyen de protection est de 23,3% principalement envers les Soudanais, Haïtiens, Éthiopiens, Érythréens, Somaliens ou encore Burkinabé.
AFP



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