Trump évoque des «négociations» avec l’Iran, Téhéran nie et vise de nouveau Israël
Les systèmes de défense aérienne israéliens ont été activés pour intercepter des missiles iraniens au-dessus de la ville israélienne de Haïfa, alors qu'une nouvelle salve de roquettes iraniennes s'abat sur le pays . ©AHMAD GHARABLI / AFP

Dans un spectaculaire revirement, le président américain Donald Trump a évoqué des «négociations» avec un responsable iranien non identifié et suspendu pour cinq jours des frappes qui devaient viser des infrastructures clés de la République islamique, laquelle a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.

L’armée israélienne a dit tenter d’intercepter des projectiles iraniens puis dépêcher des soldats dans le sud du pays en raison du signalement d’impacts. Au fil de la nuit, les forces armées avaient déjà mis en garde contre des salves successives de missiles d’Iran.

La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bchamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.

D’après le site d’informations Axios, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf se serait entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Mais le responsable iranien a démenti, affirmant que «de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, affirmé que Donald Trump estimait possible «de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d’un accord qui préservera nos intérêts vitaux».

Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a nié «toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée». Il a toutefois reconnu avoir reçu via des «pays amis» des «messages transmettant une demande américaine de négociations» pour faire cesser le conflit.

Selon Axios et l’agence Reuters, des discussions pourraient avoir lieu dès cette semaine. La Maison Blanche a indiqué que ces «spéculations» ne devaient pas «être considérées comme avérées tant qu’elles n’ont pas été officiellement annoncées».

Report de 5 jours 

Sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé un report «de cinq jours» des frappes qu’il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Face à la presse, il a ajouté que Washington et Téhéran avaient trouvé des «points d’accord majeurs» lors de négociations menées avec un «haut dirigeant».

Donald Trump a toutefois menacé de «continuer à bombarder allègrement» si les négociations échouaient.

Malgré ces déclarations, l’agence iranienne Fars a signalé que des infrastructures énergétiques avaient été visées par des frappes israélo-américaines à Ispahan et Khorramshahr.

La volte-face de M. Trump avait débuté avec un message évoquant de «très bonnes et productives discussions pour une cessation totale» des hostilités.

En réaction, les cours du pétrole ont chuté de plus de 10% avant de rebondir, tandis que les marchés financiers ont affiché leur soulagement.

Frappes au Liban 

En réponse à l’ultimatum de M. Trump, l’Iran avait menacé de fermer complètement le détroit d’Ormuz et de cibler «toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux Etats-Unis».

Les médias d’Etat iraniens ont également publié des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient, dont les centrales électriques israéliennes Orot Rabin et Rutenberg.

Au Liban, l’armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth. Deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dans un raid contre le village de Bchamoun, selon le ministère libanais de la Santé.

Du côté du Golfe, l’Arabie saoudite a détruit au moins une vingtaine de drones, tandis que le Koweït a indiqué agir contre des missiles et drones «hostiles».


Par Les bureaux de l'AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington

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