Donald Trump a fait état lundi, dans un spectaculaire volte-face, de «très bonnes et productives discussions pour une cessation totale» des hostilités avec l’Iran, qui a toutefois immédiatement démenti, selon des médias locaux.
Après plus de trois semaines de guerre, la surprise venant de Washington est colossale: ni les Etats-Unis, ni l’Iran n’avaient ces derniers jours évoqué publiquement des négociations.
Les médias iraniens l’ont démenti sur-le-champ, citant le ministère des Affaires étrangères.
«Il n’existe aucun dialogue entre Téhéran et Washington», a rapporté l’agence Mehr parmi d’autres médias, en estimant que les propos du président américain ne visaient qu’à «faire baisser les prix» de l’énergie.
De fait, les marchés ont immédiatement montré leur soulagement. Le pétrole a dégringolé de plus de 10% et les Bourses européennes sont reparties dans le vert (Paris +2,45%, Francfort +3,24%, Londres +0,52%).
Utilisant comme à l’accoutumée son réseau Truth Social, Donald Trump a précisé que les discussions «continueraient cette semaine». Le président américain a aussi fait part d’un report «de cinq jours» de toute frappe qu’il menaçait de lancer sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.
Ces déclarations de M. Trump semblent suspendre un risque dangereux d’escalade, alors qu’il avait fixé à 23H44 GMT un ultimatum exigeant de l’Iran qu’il rouvre le détroit d’Ormuz.
A défaut, il menaçait «d’anéantir» le réseau électrique iranien, composé de plus de 90 centrales, dont certaines situées sur le Golfe.
«Dites adieu à l’électricité!»
Le bras de fer stratégique de la guerre se concentre autour du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures que l’Iran bloque en représailles aux attaques israélo-américaines.
En réponse à l’ultimatum, le conseil de défense iranien promettait que toute attaque contre des côtes ou îles iraniennes conduirait à ce que «les voies d’accès et les lignes de communication dans le Golfe persique et les zones côtières soient minées».
Téhéran menaçait également de fermer complètement le détroit et de cibler «toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux Etats-Unis», a prévenu l’armée iranienne, selon l’agence Fars.
De leur côté, les médias d’Etat publiaient des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient. Le site Mizan Online a diffusé une infographie montrant notamment les centrales électriques israéliennes Orot Rabin et Rutenberg.
Une autre, publiée par l’agence Mehr et intitulée «Dites adieu à l’électricité!», présentait des cibles en Arabie saoudite et dans les Emirats du Golfe. «C’est toute la région qui (serait) plongée dans le noir», écrivait l’agence.
Crise énergétique?
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé que le monde avait «perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies» des années 1970.
«Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie», a-t-il ajouté.
Situation «incontrôlable»
Habituellement très en retenue dans cette crise, Pékin a mis en garde contre le risque d’une situation «incontrôlable».
Moscou a pour sa part souligné «la nécessité d’un arrêt immédiat des hostilités et d’un règlement politique».
En contradiction avec ces signaux, Israël a indiqué se préparer à «encore plusieurs semaines de combats» contre l’Iran et le Hezbollah.
AFP



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